Les deux candidates à l’élection cantonale de Sarcelles dissidentes du PS, Nathalie Corcos-Ternus (6,41%) et Nathalie Bellity (5,07%), ne donnent aucune consigne de vote pour le second tour « pour ne pas trahir [leurs] électeurs ». La gauche reste donc divisée à l’issue du premier tour, remporté par le socialiste Youri Mazou-Sacko avec 40,33% des voix devant l’UMP Jacques Kas, 21,45%.


 « Fidèle à mes valeurs de gauche, je n’ai cessé de dénoncer le système de cooptation qui a eu lieu pour l’investiture interne au parti socialiste. Dans le même esprit, je n’ai pas l’intention de me soumettre au diktat des états-majors. Je ne peux donc pas trahir mes électeurs, c’est pourquoi je ne donne donc aucune consigne de vote » affirme Nathalie Bellity dans un communiqué. Entrée en dissidence avant même la primaire au Parti Socialiste, la conseillère municipale de Sarcelles reste sur ses positions. Elle va même plus loin en interprétant le taux d’abstention record comme un « signe, que beaucoup de Sarcellois ne croient plus en la politique menée par François Pupponi. »

« Ne pas trahir mes électeurs »

Du côté de Nathalie Corcos-Ternus, l’état d’esprit est à peu de chose près le même. « J’ai dénoncé la politique du maire François Pupponi pendant toute la campagne, je ne peux donc pas appeler à voter pour son candidat. Ce n’est d’ailleurs pas Youri Mazou-Sacko qui a mené campagne mais bien le maire. Pour ne pas trahir mes électeurs, je ne donne pas de consigne de vote » déclare-t-elle. Secrétaire de François Pupponi, la candidate qui s’est présentée sans étiquette politique à cette élection, appréhende le retour à son poste ce qui ne l’empêche pas de tacler une nouvelle fois le député-maire de Sarcelles. « Je n’ai pas d’ambition personnelle. Si tel était le cas, je ne me serais sans doute pas présentée mais je savais ce que je faisais » affirme-t-elle, comme si en s’opposant au premier magistrat de la ville elle compromettait une éventuelle carrière politique. Enfin lorsqu’on lui demande si elle se déplacera au bureau de vote dimanche, elle répond sans détour : « Je sais ce que je vais faire. Malgré tout je suis de gauche. »

Adrien Hilpert