Début octobre, les élus « Union pour le Val d’Oise » alertaient les maires du département par courrier sur les « difficultés financières que le président du Conseil général dit rencontrer » et annonçaient déjà que des « dizaines de projets municipaux pourraient être remis en cause ». En réponse, Didier Arnal assure que « les engagements adoptés par l’Assemblée Départementale seront tenus. »


Majorité et opposition ont décidément du mal à s’entendre sur les finances du département. Déjà lors du vote du budget supplémentaire le 20 juin dernier les débats avaient été houleux à l’assemblée départementale. Vendredi dernier les élus de l’opposition  quittaient la séance sur la question d’actualité qui évoquait la crise… financière (lire l’article). Toujours concernant ces fameuses finances locales, les élus UVO ont adressé un courrier aux 185 maires du Val d’Oise pour leur rendre compte de la situation du département et des conséquences qu’elle pourrait avoir sur les projets municipaux.

« Il semble en effet que la majorité socialo-communiste au Conseil général rencontre quelques difficultés à gérer correctement les 1,2 milliards d’euros du budget du Département »annonçaient-ils dans un communiqué faisant suite à cette démarche. Dans ce courrier, l’UVO accusait la nouvelle majorité d’augmenter les dépenses de fonctionnement et de diminuer celles d’investissement, notamment en direction des communes. « Si ce changement de politique était confirmé, les communes du département, qui ont toujours bénéficié d’un soutien financier actif du Conseil général jusqu’à présent, risquent de se trouver en face de difficultés majeures pour réaliser les équipements structurants dont elles ont pourtant besoin » prédisent les élus UVO.  « Les élus du groupe UVO refusent que ces projets indispensables aux communes du département soient sacrifiés sur l’autel des exigences idéologiques de la nouvelle majorité » concluent-ils.  

Face à cette fronde, la réplique du président du conseil général est arrivée… sous la forme d’un courrier adressé aux 185 maires du département. Dans cette lettre, Didier Arnal explique le contexte financier délicat du département par la crise économique et financière, les fortes contraintes que l’Etat exerce sur les collectivités locales et enfin par la situation financière laissée par ses prédécesseurs. « La situation financière du Département s’était profondément dégradée depuis 2004 et les choix opérés ces dernières années, non gagés financièrement, font peser de lourdes menaces sur le Département » indique-t-il.  Mais malgré ce constat inquiétant, Didier Arnal tient à rassurer les maires du soutien du Conseil Général citant quelques exemples concrets comme « le dispositif d’aide aux communes pour permettre l’adaptation des équipements publics aux personnes à mobilité réduite » et celui de « soutien aux enseignements artistiques qui vient compléter l’engagement des communes, notamment en matière d’enseignement musical. »

Un partenariat communes-département ?

Cette querelle opposition-majorité pourrait néanmoins amener des changements dans les relations des villes avec le département. Dans ce courrier adressé aux maires, Didier Arnal s’engage à « rénover les dispositifs contractuels et privilégier les engagements pluriannuels courant 2009. » Pour le président du conseil général, « il s’agit d’une rupture de méthode et cela suppose un dialogue constant » entre communes et département. « C’est pourquoi, je prendrai des initiatives en ce sens afin de vous proposer de travailler désormais sur un mode partenarial » conclut-il.


Adrien Hilpert