Camille Kichkine, une vieille d’habitante d’Eaubonne, a légué toute sa fortune, soit 270 000 euros, à la commune qu’elle adorait. C’est ce qu’a révélé François Balageas, le maire (PS) lors du dernier conseil municipal.

Camille Kichkine, décédée en 2006 à l’âge de 93 ans, était veuve depuis soixante-deux années. C’est à la fin août 1944 juste avant la libération d’Eaubonne que son époux, Nicolas, un résistant, se fait tuer ainsi que deux Canadiens dans une embuscade allemande alors qu’ils circulaient en jeep sur la route d’Andilly. Depuis une stèle a été dressée sur cette route et une rue porte le nom Nicolas Kichkine à coté. Fille d’une famille aisée de la région, Camille ne s’est pas remariée et n’a pas eu d’enfants. Enseignante en sténographie et professeur de piano, elle menait une vie effacée avant que la commune la fasse placer sous tutelle et l’accueille dans la maison de retraite de l’hôpital.

Depuis la Libération, Camille Kichkine suivait de près la vie locale et elle avait une véritable vénération pour les maires qui se sont succédé après la mort de son mari, notamment André Petit (divers droite), longtemps maire et conseiller général. C’est pour remercier les élus de leur soutien que cette femme sans héritier direct a décidé de léguer toute sa fortune à la commune, à la grande stupéfaction de ses anciens voisins et des pensionnaires de la maison de retraite, qui la croyaient sans ressources.