En pointe contre le travail du dimanche, le syndicat Force ouvrière du Val-d’Oise, qui avait obtenu du tribunal une astreinte de 450 000 euros  par magasin Ikea et par dimanche, devra rembourser 150 000 euros, a décidé la cour d’appel de Versailles. Le gouvernement devrait déposer au début de 2009 un projet de loi autorisant l’ouverture des magasins le dimanche

Le département du Val-d’Oise est depuis décembre 2006 le « laboratoire » du syndicat Force ouvrière contre le travail du dimanche. Enseigne après enseigne, le syndicat a obtenu du tribunal la condamnation des magasins à de lourdes astreintes, malgré des manifestations de salariés attachés aux sursalaires dominicaux.

Ikea, qui possède deux grandes surfaces dans le Val-d’Oise et qui conteste la décision des juges, a dû verser à FO 450 000 euros par magasin et par dimanche d’ouverture. Mais la cour d’appel de Versailles vient de réduire cette « punition » à 300 000 euros, et le syndicat devra donc rembourser à Ikea un tiers des astreintes perçues.

Si Vincent Lecour, avocat de FO, se félicite que le principe de la fermeture du dimanche ait été confirmé par la cour d’appel, la « guerre du dimanche » n’est pas pour autant terminée : les élus locaux, auxquels les grandes enseignes apportent… de grandes taxes professionnelles, font tout leur possible pour contrecarrer l’action du syndicat. Ainsi à Gonesse où se trouve l’un des «Ikea» en cause, le maire Jean-Pierre Blazy (PS) vient de prendre un  arrêté autorisant le magasin à ouvrir trois dimanches de suite à compter du 26 octobre.

Cependant la « guerre du dimanche » qui tourne autour de l’application d’une loi de 1906 interdisant le travail dominical, risque  de perdre ses fondements juridiques. Le gouvernement devrait en effet déposer au début de 2009 un projet de loi autorisant l’ouverture des magasins le dimanche, assortie d’une obligation de payer de salaires doubles ce jour-là. Un  récent sondage CSA au Parisien vient de révéler que 52 %des Français sont favorables à l’ouverture dominicale des magasins, même si 51 % refuseraient de travailler ce jour-là, même avec rémunération doublée.