Après bien des hésitations, des maires se lancent dans la lutte contre les crottes de chiens. A Villiers-le-Bel et Pontoise, on mise sur la prévention. Avant de sévir ?

 Dans le Val-d’Oise, pas une réunion de quartier où un habitant ne finisse par dénoncer les déjections canines. Mais jusqu’à ces dernières années, les maires renâclaient à sévir : plus du quart de leurs électeurs possèdent un animal domestique ! Mais à présent, la défense de l’environnement et la salubrité publique ne laissent plus d’alternative au laxisme séculaire.

A Villiers-le-Bel, le maire Didier Vaillant (PS), n’a pas attendu les élections municipales pour lancer une grande campagne de sensibilisation pour la propreté de la ville. Les propriétaires de chiens doivent depuis un a prendre l’habitude de sortir à l’aide de petits sacs pour récupérer les excréments de leur compagnons à quatre pattes. Tous les citoyens sont mis à contribution pour faire respecter cette règle.

La ville a spécialement mis en place une dizaine de corbeilles dans toute la commune afin que les possesseurs d’animaux domestiques puissent récupérer les mini-sacs. entre autre, à la mairie, au centre technique municipal, dans les maisons de quartier, et d’autres services publics. Des commerçants, des pharmacies ainsi que des bailleurs HLM ont volontairement contribué à la propreté de la ville en installant dans leurs locaux ces fameux distributeurs. Et pour ceux qui malgré tout, ne trouvent pas de sachet, les services techniques de la ville mettent en place un numéro de « téléphone-crotte ».

 A Pontoise, le député maire Philippe Houillon (UMP) vient de faire installer douze distributeurs de même type. On y tire un sachet rouge « élimination de crotte de chien » que le (la) propriétaire du toutou est invité à glisser dans une poubelle municipale. Cette initiative vise à remplacer une coûteuse « moto crotte » que beaucoup d’électeurs jugeaient injuste car elle pénalisait l’ensemble des contribuables pour nettoyer la pollution de quelques-uns.

Pour le maire, « Les Pontoisiens ont le droit légitime de vivre dans une commune propre ». Reste à convaincre celles et ceux qui promènent toutou matin et soir et qui ne se bousculent pas davantage ces derniers jours pour ramasser leurs déjections…