Ce mercredi s’ouvre au tribunal de Pontoise le procès d’une jeune femme qui comparaît libre pour « meurtre sur mineur de moins de 15 ans ». Il y a trois ans, le 12 septembre 2005 à Persan, elle accouchait dans ses toilettes après un déni de grossesse. Face au tabou que représente la sexualité dans sa famille, elle décide de se séparer du nouveau-né et le jette par la fenêtre. Le verdict est attendu jeudi.

 

La jeune femme est accusée d’avoir jeté son bébé du troisième étage de son immeuble de Persan en septembre 2005. Après un déni de grossesse, elle accouche à l’insu de sa famille dans les toilettes de l’appartement familial où ses parents et ses 5 frères et sœurs résident. « J’ai voulu me convaincre que je n’étais pas enceinte et j’ai fini par y croire, mais la réalité m’a explosé en pleine figure au moment de l’accouchement » expliquait-elle aux enquêteurs le soir même. Aucun membre de la famille ne s’est douté de la situation. Après la révélation des faits, son père confiait aux policiers qu’« il l’aurait égorgée » s’il l’avait appris, rapporte Le Parisien.

Dans ce contexte pesant, la jeune femme âgée de 20 ans au moment des faits a préféré se séparer de cet encombrant nourrisson. Un expert psychologue explique qu’ « assumer sa maternité face à sa famille signifierait » pour l’accusée « une auto-exclusion équivalente d’une mort psychologique. »

Du sursis jusqu’à la perpétuité

Dans ce genre d’affaires, les peines sont très variables : ici la jeune femme encourt la réclusion criminelle à perpétuité mais d’autres exemples montrent que la justice nuance son jugement en fonction des conditions du meurtre. En octobre dernier, la cour d’assises des Pyrénées-Orientales a condamné à douze ans de prison une jeune femme reconnue coupable du meurtre de son nouveau-né abandonné dans un container en février 2004 alors qu’en novembre 2006, une jeune mère de 27 ans avait été condamnée à cinq ans de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans avec obligation de soins par la cour d’assises de Seine-et-Marne pour avoir tué son bébé à la naissance, en 1999. Dans ce cas, l’accusée avait également fait un déni de grossesse face au tabou de la sexualité dans sa famille. Le verdict est attendu pour jeudi soir.