Le Tribunal de Pontoise a requis quatre ans de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de trois ans, contre la mère accusée d’avoir tué son nouveau-né. Agée de 20 ans en septembre 2005, elle avait jeté son bébé par la fenêtre de l’appartement familial, après avoir accouché dans les toilettes, par peur d’être mis au ban.

 

Les deux jours de procès à Pontoise ont permis de dresser un portrait de cette jeune femme de 23 ans, à la fois coupable d’avoir tué son bébé et victime d’une famille stricte. En la condamnant à quatre ans de prison avec sursis, la cour d’assise du Val d’Oise a suivi la réquisition de l’avocat général. Ce dernier, tout en insistant sur le libre-arbitre dont disposait Hélam Ghiri au moment des faits, a demandé au tribunal de comprendre ce geste désespéré. Alors qu’elle comparaissait pour « meurtre sur mineur de moins de 15 ans », elle encourait jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité. En novembre 2006 déjà, une jeune mère de 27 ans avait été condamnée à cinq ans de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans avec obligation de soins par la cour d’assises de Seine-et-Marne pour avoir tué son bébé à la naissance en 1999. Dans ce cas, l’accusée avait également fait un déni de grossesse face au tabou de la sexualité dans sa famille.

La peine s’accompagne d’une mise à l’épreuve de trois ans. La cour demande également à la jeune femme d’exercer une activité professionnelle ou de suivre une formation et de se soumettre à un traitement médical.

 

Adrien Hilpert