La crise n’épargne pas l’immobilier d’entreprise. Dans ce contexte morose, la 7e édition du Salon de l’immobilier d’entreprise a ouvert ses portes hier et jusqu’au 5 décembre au Palais des Congrès de Paris. Le Comité d’expansion économique (CCEVO95) organisait une conférence sur les grands projets d’aménagement de parcs d’activités et d’immobilier d’entreprise en Val d’Oise. La situation géographique du département et le faible coût des terrains sont des atouts particulièrement appréciés en période de budgets serrés.

« Choisissez le Val d’Oise », c’est le slogan du stand du Comité d’expansion économique du Val d’Oise. La compétition est rude entre territoire, en Ile de France, pour attirer les entreprises. Une conférence présentait les projets d’aménagement sur l’agglomération de Cergy-Pontoise, la communauté d’Argenteuil-Bezons ou la zone de Roissy… et les programmes immobiliers ne manquent pas : River Ouest à Argenteuil-Bezons et ses 62300 mètres carrés de bureaux et services à une encablure de La Défense ; les Portes de Vémars près de Roissy avec ses 40 hectares de parc logistique et de bureaux ou l’Ecocampus de Neuville, un parc tertiaire de 33000 mètres carrés face au pôle scientifique de l’Université de Cergy-Pontoise.

Pour Jean-François Benon, le directeur du CEEVO95, les principaux atouts du Val d’Oise restent « la proximité de l’aéroport Charles De Gaulle, des espaces naturels préservés, 9 pôles de compétitivité et la deuxième place universitaire après Paris… de bons arguments pour rester compétitif avec le reste de l’Ile de France ». La nouvelle image économique du Val d’Oise est désormais tournée vers le tertiaire, notamment dans le bassin des Rives de Seine, avec d’importants immeubles de bureaux de très haute qualité environnementale. Les nouveaux produits immobiliers s’inscrivent désormais dans les pôles de compétitivité et la haute technologie, avec notamment des bâtiments capables d’accueillir des laboratoires de recherche et des plateformes technologiques.

Mais la crise touche aussi l’immobilier d’entreprise, dans le Val d’Oise comme ailleurs. Selon Jean-François Benon, cette période peut même s’avérer être une chance pour le département : « Quand on regarde le prix du mètre carré à La Défense, on tourne autour de 800 à 1000 euros, hors charges, hors taxes. Alors que les programmes immobiliers de très haute qualité qui sortent à Argenteuil, Bezons ou Roissy tournent entre 300 et 400 euros du mètre carré. On possède donc des produits moitiés moins chers à quelques kilomètres de Paris ou de La Défense ». A l’heure où les investisseurs font leur compte, venir s’installer dans le Val d’Oise  peut s’avérer économique.

Pour preuve, le projet des Portes de Vémars, à 4 kilomètres de Roissy, en bordure de l’Autoroute A1. Développé par les sociétés Prologis et GSE, ce parc logistique verra le jour au premier semestre 2009. Le contexte économique morose ne semble pas perturber les futurs clients du site. « Les Portes de Vémars est l’un des projets les mieux situés d’Ile de France », selon Franck Lot, vice président de Prologis, « La crise aura sûrement un impact sur le niveau de demande de nos clients. Mais si nous n’avions pas de belles perspectives, nous n’aurions pas lancé la construction de 4 bâtiments à ce jour », précise t-il.

Même si le Val d’Oise reste encore un territoire à développer pour les promoteurs et les constructeurs d’immobilier d’entreprise,  l’activité, en France, a tout de même connu un ralentissement important au premier semestre 2008.  Selon Atisreal, spécialiste des transactions d’immobilier d’entreprise, les investissements ont diminué de moitié au premier semestre 2008 à 8,1 milliards d’euros placés, contre 15,7 milliards d’euros en 2007.

Christophe RIGAUD