Certains couvents de religieuses ont développé autrefois un art très particulier de reliquaires ornés d’une dentelle de papiers roulés . Ces « trésors de ferveur » sont exposés au musée Tavet à Pontoise jusqu’au 22 février 2009.

 Fruit d’un travail incroyablement lent et minutieux qu’on peine à imaginer hors d’un couvent, les reliquaires à papier roulé était destinés à décorer de petits oratoires privés ou à célébrer dans les monastères certaines fêtes du calendrier chrétien.

Ces de tableaux-reliquaires dits aussi "paperolles" mettent en valeur des reliques de saints par une décoration en papiers colorés, dorés sur tranche, roulés, plissés, tortillonnés et placés sous verre dans un cadre le plus souvent en bois doré. Ils expriment aussi les dérives d’un culte des reliques qui paraît aujourd’hui teinté de paganisme, bien loin de l’esprit de la Réforme. D’une richesse baroque, ces tdableaux pouvaient être indifféremment accrochés au mur ou disposés sur un autel. Dans ce dernier cas, ils formaient souvent une paire, illustrant des thèmes cohérents. Parfois, leur taille relativement modeste et l’existence d’un couvercle, permettaient facilement de les emporter lors de déplacements ou de voyages.

 Ces tableaux-reliquaires sont apparus vers le milieu du XVIIe siècle. Ils se rattachent par l’architecture des retables qui supportent les scènes centrales ou les reliques, à l’Art baroque. Ces chefs-d’œuvres d’imagination et de piété dont le musée Tavet de Pontoise présente de nombreux exemplaires, furent le plus souvent réalisés par des sœurs des communautés monastiques (Carmélites, Visitandines, Ursulines…) et peuvent être compris comme l’une d’une des conséquences indirectes de la Contre-Réforme.

L’exposition "reliquaires à papiers roulés" se tient jusqu’au 22 février 2009, du mercredi au dimanche de 10 heures à 12 h 30, et de 13 h 30 à 18 heures.
Muse Tavet, rue Lemercier (près de l’hôtel de ville).
Rens : 01 30 38 02 40.