La Cour européenne de Justice vient d’annuler une décision de l’Union européenne qui avait gelé les avoirs des Moudjahidine du peuple, mouvement de la résistance iranienne en exil à Auvers-sur-Oise. Mais ce mouvement, figure toujours sur la liste européenne des organisations terroristes.

« Le Conseil des ministres européen doit présenter ses excuses à l’OMPI et dédommager le peuple iranien pour les terribles préjudices causés » a commenté Maryam Rajdavi, (épouse du fondateur historique des Moudjahidine du peuple Massoud Radjavi) et dirigeante du Conseil national de la résistance iranienne exilé à Auvers-sur-Oise. Selon elle, il s’agit de la « preuve de la légitimité de la résistance contre le fascisme religieux en Iran » et de « victoire de la justice sur les intérêts économiques ». Maryam Rajavi réclame la levée de toutes les mesures contre les Moudjahidine.

D’abord protégés par les autorités françaises sur leur site d’Auvers-sur-Oise, les Moudjahidine du Peuple ont été classés en 2002 « organisation terroriste » par l’Union européenne à l’instigation des Etats-Unis. La raison principale était le soutien de Saddam Hussein aux camps de Moudjahidine basés en Irak et d’où partaient des actions de harcèlement du régime des mollahs d’Iran.
Une « liste noire » est actualisée chaque année selon des procédures restées secrètes. Elle vise actuellement 48 groupes ou mouvements considérés comme terroristes, dont le Hamas palestinien.

La décision de 2002 a créé un véritable imbroglio juridique : malgré le régime d’occupation américaine en Irak, ces camps ont été maintenus, mais le classement comme « mouvement terroriste » aussi. En France, une rafle fortement médiatisée, menée par l’ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière en 2003 a tourné au fiasco. Arrêtés pour terrorisme, Maryam Radjavi et dix autres Moudjahidine du peuple iranien ont été relâchés faute de preuves, et l’instruction ne porte plus que sur l’accusation de « blanchiment » (le mouvement de résistance refusant de révéler l’origine de ses fonds, semble-t-il collectés en Iran auprès de sympathisants et par des actions armées).

Depuis lors, le mouvement de Maryam Rajavi, multiplie les interventions auprès du Parlement européen et de la Cour de justice européenne, avec un succès mitigé. Car malgré le dernier jugement, les Moudjahidine du peuple restent sur la liste noire de l’UE. Selon Jean-Claude Piris, chef des services juridiques de l’UE. Il s’agit d’un problème de procédure.