Le prochain Conseil communautaire de la Communauté de communes du Pays de France risque d’être vif. En cause, le projet de payer aux gendarmes un beau radar mobile à 10 000 euros… à condition qu’ils ne s’en servent pas ailleurs !

 La Communauté du Pays de France est en nombre d’habitants l’une des plus petites du Val-d’Oise. Formée par les communes de Luzarches, Chaumontel, Mareil-en-France, Bellefontaine, Jagny-sous-Bois, Villiers-le-Sec, Lassy, Le Plessis-Luzarches, Châtenay-en-France et Épinay-Champlâtreux, elle couvre un secteur rural où les automobilistes pressés de rejoindre leur travail ont une fâcheuse tendance à appuyer sur le champignon. Et à provoquer plus d’accidents que la moyenne.

Face à cette « délinquance routière », les gendarmes de Luzarches sont pratiquement désarmés : partageant avec nombre d’autres brigades une paire de jumelles-radar, ils n’en bénéficient réellement qu’une semaine tous les deux mois. Une situation de pénurie qui révolte Jacques Renaud, président de la communauté de communes et maire de Châtenay-en-France. Au dernier conseil, il a convaincu une majorité de maires de voter l’achat d’une paire de jumelles radar dernier cri, d’une valeur de 10 000 euros, qui serait attribuée à la brigade.

Mais plusieurs maires se sont indignés de devoir se substituer à l’Etat dans le financement d’un appareil qui produira des amendes au seul bénéfice de l’Etat.
Jacques Renaud s’est donc engagé à signer une convention où la gendarmerie s’engagera à n’utiliser les coûteuses jumelles que sur le territoire de la Communauté du pays de France. Un contrat qui semble difficilement compatible avec le droit administratif français et le règlement de la gendarmerie. Aux dernières nouvelles, le maire de Châtenay-en-France pourrait proposer au prochain conseil communautaire de revenir sur son vote. D’autant que l’effort paraît disproportionné au budget d’une communauté de seulement 8980 habitants (recensement de 1999).