Depuis plusieurs mois, l’AESSFG (Association pour l’Etude et la Sauvegarde du Site Fossilifère du Guépelle) demande la sauvegarde du site de la sablière du Guépelle à Saint-Witz. Ce site, actuellement en exploitation, est un élément de patrimoine inestimable : il contient à lui seul la majorité des témoins paléontologiques et géologiques de l’histoire du Bartonien (période du Tertitaire) du Bassin Parisien où la mer avançait et se retirait, il y a 40 millions d’années environ.

L’AESSFG demande le classement de la sablière du Guépelle en Réserve Naturelle Régionale. Ce site exceptionnel est un témoin privilégié des fluctuations du Bassin Parisien, entre un domaine occidental qui est resté majoritairement marin et un domaine oriental dominé par des dépôts lacustres. Il présente surtout la particularité unique d’exposer une coupe quasi complète du Bartonien sur une hauteur de 20 mètres. D’ailleurs « certains niveaux classiques de l’étage Bartonien ne peuvent actuellement s’observer que sur le site du Guépelle » affirme l’association.

Mollusques, dents de requins et tortues…

La sablière du Guépelle contient également les fossiles d’une faune exceptionnelle : plus de 300 espèces de mollusques ont été récoltées par les membres de l’AESSFG, dents de requins et de poissons, tortues, une dizaine d’espèces de coraux, des crustacés, des algues calcaires ou encore des oursins. Cet inventaire n’est pour l’instant que partiel. Bien que connu depuis plus de 200 ans et mentionné dans la littérature scientifique, le site n’a jusqu’ici encore jamais fait l’objet d’une étude globale et approfondie. C’est ce que demande l’AESSFG.

Demande de classement

L’AESSFG vient de constituer un dossier complet visant à obtenir un classement « Réserve Naturelle Régionale » de l’ensemble du site. Mais cette démarche n’est pas du tout certaine d’aboutir à temps, le comblement du site étant prévu pour la mi-2010. La chance d’obtenir une issue favorable pourrait résider paradoxalement non pas dans les fossiles que veulent étudier les membres de l’association mais dans la présence d’une espèce d’hirondelle protégée qui niche sur le site : l’hirondelle de rivage ou Riparia riparia.

L’association prévoit également en cas de classement, une action pédagogique vers les écoles et lycées à travers des visites et ateliers sur le terrain. Géologie et écologie pourraient alors être associées. Une offre actuellement assez pauvre en ce domaine dans le département. « Les compétences des membres de l’AESSFG leur permettent non seulement d’assurer visites et ateliers mais aussi d’encadrer des stagiaires jusqu’au niveau du premier cycle universitaire » assure également l’association.

Lancement d’une pétition

Malgré ces perspectives, d’autres données font craindre la disparition du site. La pression foncière est de plus en plus importante sur la zone avec des perspectives d’installation de zones urbaines et industrielles, avec le projet des portes de Vémars non loin de là. Contrairement au PNR Oise, la communauté de communes de Roissy n’apporte pas son soutien à la démarche, déclarant ce projet hors de son champ de compétences. L’association cherche donc l’appui de l’opinion publique dans cette bataille.  Une pétition a été lancée sur la toile. Vous pouvez la signer en cliquant ici

Plus d’informations et de photographies sur http://aessfg.free.fr/

Adrien Hilpert