Après le maire d’Enghien, c’est au tour de celui de Bezons de monter au créneau sur l’annonce du Chef de l’Etat de la suppression de la Taxe Professionnelle en 2010. Pour le communiste Dominique Lesparre « supprimer la TP, c’est 29 milliards d’euros de moins pour les collectivités et non 8 » comme l’a annoncé Nicolas Sarkozy.

La taxe professionnelle est bien souvent la première ressource des collectivités locales. A Bezons elle représente plus de 10 millions d’euros, « soit le quart (23,73%) du budget de fonctionnement de la ville » affirme son maire. Pour combler ce manque à gagner, il faudrait plus que « doubler les impôts locaux » indique Dominique Lesparre.

A travers cette taxe, les entreprises contribuent à l’aménagement du territoire et services locaux dont elles bénéficient. Dominique Lesparre le rappelle « les communes, les communautés de communes, les départements, les régions assurent les trois quarts de l’investissement public, il est donc légitime que les entreprises contribuent à ces réalisation indispensable pour leur développement. »

« L’Etat compensera avec quel argent ? »

Jeudi dernier, le chef de l’Etat avançait la taxe carbone pour compenser la suppression de la taxe professionnelle. Si ces contours sont encore très flous, le maire de Bezons y voit déjà une injustice sociale. « Cela signifie-t-il que les salariés qui utilisent leur véhicule pour se rendre à leur travail vont payer plus cher l’essence pour que leur employeur ne paie plus la taxe professionnelle ? » s’interroge-t-il. Enfin, il rejoint le maire d’Enghien sur un point : l’atteinte à l’autonomie des collectivités, « qui avec cette nouvelle fiscalité, n’auraient pas le pouvoir de moduler son taux. »
 
« Un contresens total et un choix politique d’une extrême gravité »

« Au moment où toutes les collectivités publiques devraient se mobiliser pour agir contre la crise, l’annonce de la suppression de la Taxe professionnelle en 2010 constitue un contresens total et un choix politique d’une extrême gravité » poursuit le maire de Bezons, qui reconnaît cependant la nécessité de réformer cette taxe.

Il propose ainsi que la TP soit modulable à la baisse pour les entreprises qui créent de l’emploi, mais à la hausse pour les autres et la mise en place « d’un prélèvement de 0,5 % sur les actifs financiers au service des collectivités pour développer les investissements source d’emplois et limiter la hausse des impôts locaux qui pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat. » Pour le maire de Bezons plus que jamais il est impératif de maintenir le lien fiscal entre l’entreprise et les collectivités.

Adrien Hilpert