Réagissant à l’article publié dans nos colonnes dans lequel le maire de Bezons qualifiait la décision de Nicolas Sarkozy de supprimer la taxe professionnelle de « scandaleuse et dangereuse », son principal opposant aux dernières municipales, Olivier Régis, estime que l’édile se cantonne à un « discours politique » et fait « un mauvais procès ».

 Bataille de chiffre et polémique sur la suppression de la Taxe Professionnelle. Alors que nombre d’élus locaux sont montés au créneau sur cette annone présidentielle, Olivier Régis, conseiller municipal UMP de Bezons, salue une « décision courageuse », imaginée par beaucoup de gouvernements précédents. Sur les chiffres le conseiller municipal d’opposition n’est pas en accord avec les 29 milliards d’euros que représenterait la suppression de la TP avancés par Dominique Lesparre, maire communiste de Bezons. Nicolas Sarkozy évoquait la somme de 8 milliards lors de son intervention télévisée, Olivier Régis explique ce calcul.
 
« L’Etat est le premier contributeur de la Taxe Professionnelle »
 
« En 2007, la Taxe Professionnelle a rapporté 26,2 milliards d’euros aux collectivités locales, dont 10,9 sont déjà pris en charge par l’Etat en compensation diverses, ce qui en fait le premier contributeur. Il reste donc 15 milliards. Sur cette somme la suppression de la Taxe Professionnelle rapporterait en impôt sur les sociétés, 3 à 5 milliards selon diverses études. Il reste donc  8 à 10 milliards d’euros à compenser » analyse Olivier régis. En fait 10 à 12 milliards si l’on se cantonne aux calculs de bases…

Pour compenser cette perte réelle en 2010, le chef de l’Etat avançait la taxe carbone aux contours encore très flou. Olivier Régis lui emboîte le pas. « Nicolas Sarkozy a eu le courage de dire qu’il faut remplacer cet impôt par une taxe intelligente et plus moderne. Avant de faire un procès d’intention, regardons depuis 10 ans, l’Etat n’a jamais manqué à ses devoirs pour compenser les allègements de la TP. Tout le monde s’accorde à dire que la fiscalité liée à l’entreprise est pénalisante dans un système basé sur une économie mondialisée où nous sommes en compétition. A nous de trouver les outils pour compenser ce changement avec par exemple la mise en place d’un impôt plus respectueux des contraintes environnementales » estime-t-il.

Une Taxe Professionnelle mal utilisée à Bezons?
 
Sur la question du lien fiscal entre la commune et l’entreprise, Olivier Régis tombe plus ou moins d’accord avec le maire de Bezons mais apporte quelques précisions. « Il faut qu’il y ait un lien entre l’impôt et l’utilisation de cet impôt, non pas entre la commune et l’entreprise car il y a un risque de clientélisme » affirme-t-il avant de se lancer dans la polémique.

« Si Bezons bénéficie d’une Taxe Professionnelle importante (environ 10M€ NDLR), cela n’a pas arrangé l’état de la voirie. Cela n’a pas fait de Bezons une ville agréable à vivre… Par contre elle permet de payer le nombre record d’employés municipaux que nous avons à Bezons » conclut Olivier Régis.

Adrien Hilpert