Lancée par la maire de Vaux-sur-Seine (Yvelines), une enquête publique sur le déclassement de 25 hectares du bois de l’Hautil est en cours pour permettre son réaménagement. Les associations des villes avoisinantes dénoncent ce projet qui prévoit le défrichement de la zone avant d’y déposer « d’énormes quantités de gravats et déblais des bâtiments et travaux publics. » Faux répond l’entreprise intéressée.

 Après le lac de Beaumont-sur-Oise, le bois de l’Hautil dans les hauteurs de Cergy-Pontoise serait-il menacé par les gravats ? A priori non mais les associations écologiste des environs en doutent sérieusement. Elles voient dans le projet de l’entreprise Petitdidier, l’occasion pour elle de se débarrasser de tonnes de gravats dans une zone classée N dans le Plan Local d’Urbanisme de Vaux sur Seine, c’est-à-dire « une zone naturelle qu’il convient de protéger en raison de la qualité des sites, milieux naturels, des paysages et de leur intérêt notamment du point de vue esthétique, écologique ou de leur caractère d’espaces naturels. »

Des espèces protégées

« Cette opération de destruction doit être stoppée immédiatement, il est possible de réouvrir la forêt au promeneur sans détruire la faune et la flore, il s’agit même d’une condition sine qua non » clame l’association Bien Vivre à l’Hautil. En effet sur son site Internet, le collectif relève dans le dossier que « le site comprend une faune intéressante, notamment une avifaune comprenant des espèces protégées. »  « Comment imaginer détruire et laisser détruire une faune "intéressante" et de plus "des espèces protégées" » s’interroge l’association qui dénonce un dossier vide. 

« Nous travaillons en toute transparence »

Le terrain concerné, le bois de Fort Vache, est interdit au public en raison des forts risques d’éboulement dus aux anciennes carrières de gypses qui ont transformé le massif de l’Hautil en un véritable gruyère. Le projet de l’entreprise Petitdider vise à réaménager cette partie et permettra au public de s’y promener d’ici une dizaine d’année. « Cette partie du bois était privée, fermée au public et dans un état lamentable. Notre projet prévoit de défricher ces 25 hectares, de combler les fontis avec des terres de remblais provenant de différents chantiers de terrassement puis de reboiser avant de céder le terrain à la mairie pour un euros symbolique. Cela devrait prendre 5 à 10 ans » assure Christian Barbier responsable du projet. Durant cette période le bois de Fort Vache se transformera donc en un centre d’enfouissement technique de classe 3, c’est-à-dire que les remblais utilisés sont composés de matériaux non traités et non pollués.

Du côté de l’entreprise Petitdidier chargée du projet on assure travailler en toute transparence. « Un comité de suivi a été mis en place par la mairie et il y aura un rapport journalier consultable sur les allées et venues des camions avec la description de leur chargement. De plus avant la mise en chantier nous avons multiplié les réunions d’information » affirme Christian Barbier.

Direction la mairie de Vaux-sur-Seine

Il n’empêche, sept associations sont actuellement opposées à ce projet et comptent « ne pas laisser détruire leur patrimoine ». Dans un premier temps, elles appellent les riverains à se mobiliser et à donner leur avis sur ce projet. Un cahier est à la disposition de tous en mairie de Vaux-sur-Seine jusqu’au 9 mars.

Adrien Hilpert