A l’appel de leur maire Michel Aumas (divers droite), les Arnouvillois ont voté pour que leur commune perde la « mauvaise » partie de son nom, « lès-Gonesse ».

 Depuis 1843, cette ville pavillonnaire de 12 500 habitants située entre Gonesse, Villiers-le-Bel et Garges-lès-Gonesse s’appelle Arnouville-lès-Gonesse, en référence à sa nature champêtre. A l’époque, le conseil municipal trouvait poétique et romantique le suffixe de ses voisines, et ardemment sollicité ce changement dans une supplique au roi Louis-Philippe. Mais depuis que les médias et notamment la télévision ont relaté les émeutes urbaines qui ont commencé à Garges-lès-Gonesse voici quinze ans et atteint par contagion Arnouville en novembre 2007 (photo), le maire rêve de « simplifier » le nom de la commune en lui retirant son suffixe.

Consultés par référendum, les habitants ne se sont pas passionnés pour la question : 1678 ont exprimé leur préférence pour la suppression du suffixe contre 135 qui restent attachés au nom bicentenaire, soit moins du tiers de l’électorat.
A présent, le Conseil général, la Poste et les Archives départementales doivent donner leur avis, avant que le Conseil d’Etat ne tranche, dans un délai qui avoisine deux ans.

Michel Aumas a-t-il des chances d’obtenir le retrait du suffixe « discriminant » ? C’est douteux. Récemment, le Conseil d’Etat a rejeté les demande de deux villages du Val-d’Oise, Ennery et Hérouville qui voulaient s’adjoindre le suffixe poétique « En Vexin » Les magistrats administratifs restent les gardiens du conservatisme en matière de dictionnaire des communes. Alors que les Français qui s’appellent encore « Cocu », « Connard », etc ., n’éprouvent aucune difficulté à changer de nom…