Mise en place par l’ancienne municipalité en 2006, l’Allocation Municipale d’Accueil pour les Jeunes Enfants (AMAJE) sera l’objet d’une refonte lors du prochain conseil municipal d’Argenteuil, le 30 mars. Ce dispositif coûte près de 1,3M€ selon la mairie et concerne 91 familles. Ces dernières averties il y a peu ont formé un collectif et manifesteront le 28 mars devant l’hôtel de ville.

Plusieurs raisons ont amené la municipalité d’Argenteuil à revenir sur le dispositif AMAJE, permettant à quelques 91 familles de la ville d’employer des assistantes parentales résidant la commune pour garder leur enfant de moins de 4 ans à domicile. « La première est budgétaire et la deuxième repose sur l’aspect discriminatoire de la mesure » explique Marie-Josée Cayzac, maire-adjointe en charge de la petite enfance.

L’AMAJE coûte un peu plus  de 14 000€ chaque année par enfant. « Si elle avait été subventionnée par le fond social européen ou par l’Etat, il n’y aurait pas de problème. Mais là, la mesure pèse entièrement sur le budget de la commune et coûte le double d’une place en crèche collective » rappelle l’adjointe. « Certaine famille aux revenus modestes touchaient jusqu’à 2 000€ par mois. Dans ces cas là, la municipalité paye l’assistante parentale ainsi que les charges. L’AMAJE est profondément injuste et discriminatoire pour les parents dont les enfants sont en crèche. Notre état d’esprit nous amène à un rééquilibrage de l’allocation. »

« Laisser le temps aux familles de trouver un autre mode de garde »

Une raison que veulent bien entendre les familles. « Il semblerait que cette mesure d’accompagnement de la garde à domicile, victime de son succès, génère un coût difficilement supportable pour la mairie. A ce sujet, le Collectif ne souhaite nullement remettre en cause cette orientation. C’est la façon brutale dont elle est mise en œuvre que nous jugeons inacceptable » indiquent-ils dans une lettre adressée au maire. Au pied du mur, ils réclament « le maintien du dispositif existant jusqu’au 31 août afin de laisser le temps aux familles de trouver un autre mode de garde pour la rentrée 2009. »

A partir du 1er avril, l’allocation devrait donc entamer sa baisse et au 1er juin sera appliqué un forfait en fonction des revenus des parents sur le modèle de la CAF, les sommes variant entre 120 et 450€ mensuels. « Entre avril et mai l’allocation baissera en pourcentage mais la descente ne sera pas violente » promet Marie Josée Cayzac sans plus de précisions.

« On ne laissera personne sur le carreau »

Malgré les contestations, l’adjointe de Philippe Doucet défend cette réforme de l’AMAJE. Elle regrette juste de ne pas l’avoir réformée dès l’arrivée de la gauche à la tête des affaires municipales, trop occupée à créer des places en crèche. « C’est le moment propice pour faire cette réforme de l’AMAJE car les places en crèche se libèrent en juin et les familles concernées seront prioritaires. On devrait donc trouver des solutions pour tout le monde. Déjà tous ont un rendez-vous. On ne laissera personne sur le carreau » assure-t-elle. 

Reste le problème des 91 auxiliaires parentales qui ne pourront plus être gardées
« sauf par les familles aux revenus confortables » estime Marie-Josée Cayzac. Pour le collectif en revanche, « aucune des familles concernées n’est matériellement en mesure d’absorber une telle charge supplémentaire. »  A ceux qui voient les 91 assistantes au chômage dès la mise en place de la réforme de l’APAJE, l’adjointe répond que «la mairie s’engage à mettre les auxiliaires parentales en rapport avec des associations ou à les aider à obtenir l’agrément d’assistante maternelle. »

 
Adrien Hilpert