L’opposition municipale d’Argenteuil sera désormais formée de quatre groupes. Pour la municipalité, il s’agit ni plus ni moins d’une « implosion de la droite argenteuillaise ». A l’UMP, on parle d’une « division artificielle afin de contourner la censure au conseil municipal ».

Les 13 conseillers municipaux de droite seront désormais dispersés parmi 4 groupes. Raison invoquée : d’après le règlement intérieur du conseil municipal, l’opposition aura ainsi quatre fois plus de temps pour s’exprimer. « Nous n’avions pas la possibilité de nous exprimer lors des conseils municipaux où nous sommes censurés. Désormais avec quatre groupes la droite argenteuillaise pourra prendre quatre fois la parole. De son côté, la majorité dispose bien de trois groupes » indique le conseiller municipal UMP, Xavier Péricat.

La gauche parle d’implosion

« Tentant sans succès de faire croire à une manœuvre de contournement de son propre règlement intérieur qu’elle a mis en place et fait appliquer à la lettre pendant des années (et qui prévoit, en dehors de la logique de groupe, des temps individualisés d’expression allant de 2 à 10 minutes par exemple pour le débat budgétaire), la droite souhaite en fait masquer une réalité politique : son implosion » affirment dans un communiqué commun les conseillers municipaux de la majorité, Nicolas Bougeard, Mouloud Bousselat et Dominique Mariette. Pour eux, cela ne fait aucun doute puisqu’il est « de notoriété publique que règne un climat délétère entre les différentes personnalités qui la compose. »

Les patrons de l’UMP d’Argenteuil dispersés

D’après Xavier Péricat, les « chefs de file » de l’opposition argenteuillaise ont même pris le soin de se disperser dans chacun des groupes*. « La droite n’implose pas du tout. Nous nous sommes scindés de manière artificielle. Comme vous pouvez le voir avec le nom des présidents de groupe, il ne s’agit en aucun cas de tirer la couverture à soi. Georges Mothron, Philippe Métézeau ou moi-même sommes restés en retrait pour éviter justement ces remarques » explique Xavier Péricat. Raté. Le groupe Fiers d’Argenteuillais n’a pas manqué cette occasion d’interpréter la fracture comme la mise en lumière « de querelles internes mais aussi des ambitions des uns et des autres dans la succession de Georges Mothron en 2012. »

La majorité n’hésite pas à tirer, quant à elle, d’autres enseignements de cette scission. Ainsi elle serait révélatrice de « l’incapacité de la droite argenteuillaise à accepter sa double défaite municipale et cantonale  et à être force de proposition pour Argenteuil ». En revanche de son côté le groupe majoritaire « poursuit son travail dans l’unité et le respect de ses sensibilités. »

A quelques jours d’un conseil municipal qui s’annonce houleux, les deux camps s’échauffent pour l’instant par presse interposée.

*Dans le premier présidé par Marie-France Le Nagard, on retrouve Georges Mothron, député et ancien Maire d’Argenteuil.
Dans le deuxième présidé par Tania Ory, on retrouve Xavier Péricat, responsable local de l’UMP, et ancien adjoint aux finances de Georges Mothron.
Dans le troisième présidé par Odette Goderel, on retrouve Philippe Métezeau, responsable locale du Parti radical, ancien Conseil général d’Argenteuil et premier adjoint de Georges Mothron.
Dans le quatrième enfin, présidé par Michèle Mignonac on retrouve Gilles Savry, ancien adjoint en charge de l’urbanisme de Georges Mothron.