Le garçonnet a été auditionné durant 20 minutes samedi, avec son père, à la gendarmerie à la suite d’une plainte après une bagarre dans la cour de l’école avec un autre garçon . L’information révélée par le Parisien Dimanche a suscité de vives réactions politiques, ce week-end, dans la dernière ligne droite des élections européennes. L’affaire intervient une semaine après que deux enfants de 6 et 10 ans soupçonnés de vol de vélos ont été interpellés  devant leur école à Floirac, près de Bordeaux, puis interrogés au commissariat.

"C’est une histoire qui n’aurait même pas dû sortir de l’école. Elle aurait dû se régler entre adultes, au lieu de dramatiser à ce point", a déclaré au Parisien le père de l’enfant auditionné à la gendarmerie de Courdimanche. Au cours de l’audition, le garçon a reconnu s’être battu avec l’un de ses camarades de classe avant d’indiquer qu’ils s’étaient depuis réconciliés.

"Les faits se sont déroulés fin mars, début avril. Il y a eu une bagarre entre deux enfants dans une cour d’école avec un coup plus violent qu’un autre qui a entraîné une ITT d’un jour pour le garçon dont la mère a porté plainte" , a précisé à l’AFP le lieutenant-colonel Emmanuel Josse, commandant en second du groupement de la gendarmerie du Val-d’Oise qui a indiqué que la mère de l’écolier avait contacté le père de l’enfant qui s’est battu avec son fils "sans parvenir à régler le problème".

Les gendarmes ont envoyé une première convocation le 3 avril, sans réponse. Une deuxième convocation a été envoyée qui a conduit  à l’audition qui s’est passée "sereinement", selon les gendarmes qui se sont déclarés surpris par « le déchaînement médiatique » autour de cette audition : "Cela reste des violences. Qu’elles aient lieu dans une cour d’école ou au pied d’un immeuble, il faut les endiguer" , a expliqué le commandant en second du groupement de la gendarmerie du Val-d’Oise, précisant que "les parents ont intérêt à régler un maximum de problèmes à leur niveau".

De François Bayrou à Harlem Désir, les réactions des politiques se sont succédés ce week-end. "On a déjà vu des enfants de six ans arrêtés la semaine dernière. J’ai peine à croire que les fonctionnaires de police soient responsables de cela, c’est un climat qu’on est en train de créer qui entraîne un certain nombre de dérives et c’est ce climat là qui est responsable", a jugé le président du MoDem au Forum Radio J.

Harlem Désir, tête de liste PS aux élections européennes en Ile-de-France, évoque un "nouveau dérapage" qui "est le résultat de la pression exercée par le pouvoir sur les forces de l’ordre". Le socialiste estime qu’à l’approche des élections européennes, "Nicolas Sarkozy a instrumentalisé médiatiquement les violences scolaires à des fins électoralistes" et son "discours ultrasécuritaire a contribué à stigmatiser les enfants et à créer un climat malsain".

Des ministres du gouvernement ont répondu à ces mises en accusation. Le secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi Laurent Wauquiez a déclaré sur RTL que les gendarmes avaient "juste fait ce qui était leur travail, c’est-à-dire leur obligation juridique", à savoir "entendre" l’enfant. "Ce qu’il y a de triste, c’est qu’il y a eu un dépôt de plainte juste pour une altercation", "il faut savoir raison garder", a-t-il jugé.

De son côté le ministre de l’Immigration Eric Besson ne s’est pas montré choqué que les gendarmes entendent un enfant "s’ils ont le sentiment qu’il y a un problème" pour "faire de la prévention", a-t-il déclaré sur I-Télé.