Christian Nahon, maire de Villeron près de Roissy, se trouve au centre d’une enquête de la gendarmerie pour un présumé trafic d’influence. L’édile du village de 700 âmes est suspecté d’avoir profité de sa position d’élu pour bénéficier d’une belle ristourne sur l’achat de son appartement a révélé Le Parisien Val d’Oise dans son édition du jour. L’élu dément fermement.

« Cela s’est passé comme dans les films. Je me suis rendu à la gendarmerie suite à une convocation le 12 mai à 14 heures. Et là les gendarmes m’ont indiqué qu’ils me retenaient en garde à vue. Je suis sorti 29 heures plus tard » explique Christian Nahon à Vonews. L’information judiciaire ouverte par le Parquet de Pontoise pour trafic d’influence doit permettre de déterminer dans quelles conditions le maire de Villeron a pu acheter son logement à moitié prix.

En 2006, Christian Nahon se porte acquéreur d’un beau trois pièces dans la résidence du parc Bauche à peine sortie de terre. Comme « six ou sept autres personnes », le maire bénéficie alors de la première grille tarifaire, avec des prix inférieurs en moyenne de 30 000€. Mais Christian Nahon a vu cette ristourne beaucoup plus importante achetant l’appartement 113 000€ au lieu des 192 000€ affichés dans un premier temps. « J’ai acheté cet appartement brut de béton » explique-t-il au Parisien, ajoutant qu’il souhaitait « transformer ce trois pièces de 68m2  en deux-pièces mais techniquement, cela n’a pas été possible ». Comme il l’a indiqué aux gendarmes, il a « versé ainsi 81 000€ de travaux », le coût total de l’appartement avoisinant les « 194 000€ » soit 2 000€ de plus que les prix indiqués sur la première grille tarifaire.

« Un mauvais moment à passer mais je suis serein »

Dans cette affaire, Christian Nahon plaide la bonne foi. « Si j’avais voulu magouiller, je n’aurais certainement pas acheté cet appartement dans mon village, qui ne compte que 250 maisons » explique-t-il, rappelant qu’il a même fait visiter son appartement « à tout le conseil municipal. »

Mais après une campagne municipale tendue l’année dernière, le maire estime que le coup vient de ses opposants « qui brassent de la boue pour [le]salir ». Néanmoins, Christian Nahon reste positif. « Je reste maire. Je suis serein bien que j’ai mal vécu les fouilles de mon domicile. C’est un mauvais moment à passer » conclut le maire de Villeron.

Adrien Hilpert