Rachid Adda du MRC95 est excédé. S’il souhaite la bienvenue à la nouvelle préfète du Val d’Oise, Fatiha Benatsou, le conseiller municipal de Sarcelles n’a pas apprécié la qualification d’« issue de la diversité » associée à cette nomination. Parlant de cette « dérive sémantique », il évoque une  « stigmatisation dangereuse » et une « exploitation politicienne de l’effet Obama » de la part du gouvernement.

A l’occasion de la nomination par le Conseil des Ministres de la nouvelle Préfète à l’égalité des chances dans le Val d’Oise, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a qualifié Fatiha Benatsou de « préfète issue de la diversité ». « Même si je comprends la portée symbolique et exemplaire d’une telle nomination, il n’en demeure pas moins que d’affubler d’une telle qualification l’un des postes les plus prestigieux de la République Française, une indivisible laïque et sociale, est un nouveau dérapage verbal au plus haut sommet de l’Etat que l’exploitation politicienne de l’effet Obama dans les banlieues françaises ne saurait justifier » estime Rachid Adda du MRC Val d’Oise.

« Que les intéressé-e-s fassent référence à leur histoire personnelle est une chose ; qu’un ministre justifie en partie une nomination par ce type de référence en est une autre » poursuit le conseiller municipal de Sarcelles pour qui il est nécessaire « d’éviter ce type de formulation notamment au niveau des décideurs politiques ou institutionnels. » Rachid Adda trouve que la qualification par un critère d’origine d’un préfet « revient à jeter un discrédit sur sa compétence et les raisons de sa nomination » et risque « de créer un principe de suspicion sur une partie de la population française qui accéderait à certaines fonctions grâce à son origine réelle ou supposée »   

« Même Clovis est un immigré de première génération »

Rachid Adda dénonce également le ciblage particulier sur la diversité issue du Maghreb ou d’Afrique Noire. « Combien de générations faut-il à certains de nos concitoyens pour ne plus être catégorisés en fonction de leurs origines ? » s’interroge-t-il rappelant au passage que « même Clovis est un immigré de première génération. » Sur ce point le conseiller régional MRC est rejoint par la préfète elle-même.

« Pourquoi insister sur des origines qui, chez moi, remontent à mes grands-parents ? Un préfet ou une préfète est, avant tout, un préfet de la République. Qu’il soit corse, breton, auvergnat, ou que ses grands-parents aient, comme les miens, traversé la Méditerranée » expliquait Fatiha Benatsou dans un entretien accordé à France-Soir.

Dans son appel, Rachid Adda dénonce le constat biaisé selon lequel « l’accès à certaines fonctions dans les cercles économique, politique ou administratif est surdéterminé en fonction des origines ethniques. » « Le gouvernement tente aujourd’hui d’imposer une analyse ethnico-raciale d’une situation dont les causes sont avant-gout sociales, territoriales, générationnelles et institutionnelles » poursuit-il avant de conclure que « répondre à la crise dans nos quartiers par une approche ethnique aboutira à des solutions inopérantes et enterrera définitivement le modèle républicain. »

Retrouvez l’intégralité du message de Rachid Adda sur: http://www.rachidadda.com/article-32434171.html