Dans la bataille juridique opposant la librairie Le Grand Cercle au syndicat Force Ouvrière sur le dossier du travail le dimanche, ce dernier par l’intermédiaire de son avocat propose de renoncer aux 130 000€ d’astreinte demandés conte l’abandon du travail dominical. Une proposition « pas viable économiquement » qui entraîne depuis le 29 avril un refus catégorique de la direction de la librairie. Elle explique les raisons de cette fin de non-recevoir.

 La proposition de Force Ouvrière, renouvelée à diverses enseignes condamnées pour travail illégal le dimanche, est simple. Si l’enseigne abandonne le travail dominical, le syndicat « accepte de ne pas recouvrer les astreintes qui correspondent aux manquements à l’injonction judiciaire et également à abandonner le demande d’indemnisation présentée devant le Tribunal de Grande Instance ». Dans le cas du Grand Cercle, la liquidation d’astreinte demandée par FO représente 130 000€ et l’indemnisation réclamée, 50 000€. En échange, la librairie doit s’engager à « garantir le maintien des emplois, le maintien de leur niveau de rémunération antérieur, l’ouverture immédiate d’une négociation salariale avec l’ensemble des organisations syndicales représentatives dans l’entreprise en vue d’une accord salarial et la poursuite du respect de la législation relative au repos dominical. »

Un casse-tête économique

« Ce n’est pas viable économiquement » rétorque Erik Vautrin, qui rappelle que les 180 000€ contenu dans la proposition viennent de l’escarcelle de son enseigne. « FO nous demande de maintenir les emplois ainsi que le niveau des salaires qui comprennent la majoration du dimanche alors qu’on ouvrirait plus ce jour-là où l’on réalise 23% de notre chiffre d’affaire. Et que faire des étudiants qui travaillent chez nous le dimanche ? Je veux bien leur proposer un jour de la semaine mais ce ne serait certainement pas compatible avec leurs études » poursuit-il.

« Dans la foulée, le syndicat voudrait que l’on ouvre une négociation salariale. Mais privé du dimanche, comment voulez-vous que l’on augmente les salaires. Nous sommes une librairie indépendante pas une enseigne nationale avec ses millions de bénéfices. L’année dernière, nous avons terminé l’année juste à l’équilibre avec une petite perte de 40 000€ sur un CA de 20 millions. En fermant le dimanche, il est tout simplement impossible d’envisager une quelconque revalorisation salariale » enchaîne la direction.

En clair, les conditions posées par Force Ouvrière « ne peuvent pas être réalisées » affirme le patron du Grand Cercle. « Cette "proposition" n’en est une que sur le plan de l’annonce, mais elle a pour objectif de manipuler l’opinion. La même a été faite à plusieurs enseignes qui n’ont bien sûr jamais répondu » conclut-il.