A l’approche de ses 80 ans et après une longue vie de militantisme, le Marinois Jacques Bouniol, ancien négociant, quitte la vice-présidence de la Fédération française des chiens guides d’aveugles, qu’il avait cofondée voici 37 ans.

 Croiser dans la rue un non-voyant guidé par son chien semble aujourd’hui banal. Et pourtant ce mode d’assistance à la mobilité est relativement récent. Il est apparu en Allemagne après la Première guerre mondiale et en France après la Seconde. Lorsque Jacques Bouniol, président-fondateur du Lions club de Marines Vexin français, a lancé la Fédération nationale des chiens guides d’aveugles (devenue Fédération française…) en 1972, Il n’existait alors qu’une école capable de former des chiens : celle de Sospel, dans les Alpes Maritimes, fondée par un membre du Lions club local. Les aveugles et handicapés visuels étaient pourtant évalués à 250 000 en France…

En 1982, on comptait déjà huit écoles de chiens guides pour les aveugles en France, formant environ 180 chiens par an, alors qu’en Grande Bretagne, les écoles équivalentes en produisaient un millier.

Jacques Bouniol s’est évertué à multiplier les établissements comme l’Ecole de chiens guides pour aveugles et malvoyants de Paris et de la région parisienne (105, avenue de Saint-Maurice) qui a fêté ses vingt ans en 2007. Avec une trentaine de salariés, elle dresse quarante chiens par an et la liste d’attente n’est « plus » que de deux ans. La formation d’un seul chien et son « suivi » coûtent environ 15 000 euros, souvent pris en charge par les Lions clubs.

Considérant que la relève est bien assurée, Jacques Bouniol a choisi de « passer la main » à quelques mois de ses 80 ans, mais restera administrateur de la Fédération française. Il estime avoir eu « une belle vie, pas ce qu’on appelle une vie de chien »