Dans le Val-d’Oise, c’est l’attentisme qui prévaut chez les restaurateurs alors que la baisse de la TVA va tout juste compenser la diminution  du chiffre d’affaires dûe à la crise. Résultat, la réduction de la TVA n’allègera que rarement de 11% la note des restaurants. Et parfois, le client ne bénéficiera de rien !

 La réduction de la TVA sur les notes de restaurant de 19,6% à 5,5% à compter du 1er juillet ne profitera que partiellement au client… voire pas du tout. C’est ce qui ressort de l’enquête effectuée par VOnews auprès de différents restaurateurs. Prévisible : ceux décidés à empocher la ristourne de TVA ne souhaitent pas que leurs noms soient cités. Alors que mathématiquement le client devrait voir la carte baisser de 11 %, il devrait bien chercher pour obtenir cette performance.

Au Pavé de la Roche, un restaurant de Pontoise (photo) recommandé année après année par « Le Guide du Routard » pour ses petits prix, le patron a fait ses comptes : la crise lui a fait perdre 15% de son chiffre d’affaires. Il ne sera pas possible de baisser la formule du midi à 18,50 euros (entrée, plat et dessert) qui représente encore 70 % de ses clients. « On nous demande de recruter et d’augmenter le salaire de nos collaborateurs, on ne peut pas tout faire. Mais nous allons diminuer ce qui est le plus coûteux pour les clients, les apéritifs, les vins et les cafés », promet-il. « Concernant la carte, j’attends pour voir si les fournisseurs n’abusent pas. »

 Au « Cheval Blanc », le restaurant le plus huppé de Pontoise, qui figure au Guide Michelin, au Bottin gourmand, etc., Laurence Ravaillé vient d’embaucher un nouveau chef, Thierry Costils, 22 ans, et veut surtout « conserver une politique de qualité ». Après l’Opale à Biarritz (2 macarons au Michelin) et le Kilimandjaro à Courchevel (3 macarons), Thierry est venu à Pontoise développer des saveurs nouvelles, notamment inspirées par la gastronomie japonaise. Ne pas augmenter les prix est déjà un défi, d’autant que la clientèle a diminué de 15 %. « Nous sommes très touchés par la diminution des repas d’affaires, et j’attends un peu pour voir », explique Laurence Ravaillé. « Notre clientèle est d’abord soucieuse d’accéder à des produits haut de gamme. Et la TVA sur les vins ne va pas baisser. »

Dans le Val-d’Oise, c’est l’attentisme qui prévaut chez les restaurateurs alors que la baisse de la TVA va tout juste compenser la diminution  du chiffre d’affaires dûe à la crise. Les 2,5 milliards d’euros que va coûter à l’Etat l’allègement de TVA (un quart du déficit de la "Sécu") n’auront qu’un impact très limité sur les notes de restaurant.