Le député-maire de Pontoise présente ce mardi le rapport de sa mission d’information sur les rémunérations des dirigeants. Contre l’avis de la présidente du Médef, Laurence Parisot, ce rapport préconise l’élaboration d’une loi cadre sur les salaires des grands patrons. Parmi les mesures fortes, Philippe Houillon veut pénaliser les entreprises dont le patron gagne plus de 1 million d’euros par an.

Pour répondre aux abus en matière de rémunérations des grands patrons et malgré les engagements pris par le Médef, le Parlement a confié à Philippe Houillon l’élaboration d’un rapport sur la question.

Il contient 16 propositions allant de la transformation du comité des sages constitué au printemps par le patronat en un observatoire des rémunérations à l’interdiction du cumul d’un contrat de travail et d’un mandat social en passant par l’encadrement des stock-options. Ces mesures accueillies froidement par le patronat devraient palier l’autorégulation, qui de l’aveu même du député-maire UMP de Pontoise « n’a pas vraiment fonctionné jusqu’ici ». « Entre 1997 et 2007, la rémunération moyenne des dirigeants de grandes sociétés cotées a progressé de 15 % chaque année quand, dans le même temps, celle des salariés évoluait de 3 % par an » constate-t-il dans un entretien accordé à nos confrères du Parisien.

Un salaire moyen de 4,7M€ par an

La rémunération moyenne des dirigeants des entreprises du CAC 40 s’élevait en 2007 à 4,7 millions d’euros. Face à cette situation qui peut être choquante en période de crise, le groupe de travail constitué autour de Philippe Houillon « propose de soumettre à l’impôt sur les sociétés les rémunérations supérieures à un million d’euros, d’interdire les retraites chapeau, de mieux encadrer le système des jetons de présence et celui des stockoptions. »

Du côté de Bercy, Christine Lagarde reste septique sur l’opportunité d’une loi, qui pourrait pénaliser les entreprises françaises dans une économie mondialisée. Mais Philippe Houillon défend le principe d’une harmonisation des règles au niveau européen pour éviter ce risque.