Comme prévu, les clients n’ont généralement pas bénéficié de 11% de baisse sur les notes de restaurants. Mais si les restaurateurs empochent la ristourne de la TVA, ils risquent de voir fuir les déjeuners d’affaires.

Appelons-le Monsieur Val-d’Oise. Il a l’habitude de déjeuners d’affaires dans les meilleurs restaurants du Val-d’Oise, remboursés par sa « boîte », et il dépense en moyenne 150 euros TTC avec un convive. Comme son entreprise récupère la TVA (à 19,6%), un déjeuner à 150 euros lui revient en réalité à 124 euros hors taxes.

Depuis le 1er juillet, si le restaurateur n’a pas diminué les prix de sa carte, le même repas à 150 euros (TVA comprise) coûte non plus 124 euros hors taxes mais 142 euros hors taxes. Ainsi l’entreprise de Monsieur Val-d’Oise va devoir prendre en charge en « frais généraux » 18 euros de plus. Soit une augmentation de 14,5%. Il est vraisemblable que dans une conjoncture où les « boîtes » sont plus vigilantes que jamais sur les notes de frais, la facture « habituelle » – mais subrepticement majorée – sera difficile à digérer…

 Au « Cheval Blanc », un restaurant de Pontoise, qui figure au Guide Michelin, au Bottin gourmand, etc., et qui accueille de nombreux déjeuners d’affaires, Laurence Ravaillé et son nouveau chef, Thierry Costils, 22 ans (photo) reconnaissent qu’il peut y avoir problème, tout en relativisant : « La TVA sur les vins ne va pas baisser alors que le vin compte pour beaucoup dans la note d’un repas d’affaires. »
Et les prix à la carte devraient sensiblement baisser d’ici deux mois…