Ancien militant socialiste, Ali Romdhane, qui a réuni 1,9% des voix à l’élection cantonale partielle d’Argenteuil Est sous l’étiquette « Etre de gauche », indique qu’il ne peut « pas soutenir la candidature de Marie-José Cayzac. » Sans appeler clairement à voter pour l’UMP Philippe Métézeau, il demande aux électeurs de voter « pour la personne qui est la mieux placée pour défendre les intérêts d’Argenteuil. » A priori, il ne pense pas que ce soit la candidate communiste.

Au lendemain de l’élection cantonale partielle, Ali Romdhane dresse un constat sans concession de l’échec de la gauche à ce scrutin. S’il reconnaît que le candidat du parti radical, Philippe Métézeau, « profitant de la déchirure de la gauche locale a su mobiliser autour de lui au delà de la droite traditionnelle », il estime que « les Argenteuillais ont préféré tourner le dos à la vie politique ».

« Un paysage politique brouillé »

« Dans un paysage politique aussi brouillé que celui d’Argenteuil, avec des militants de gauche qui soutiennent des candidats de droite, des candidats de partis investis arbitrairement par les appareils, une campagne où les insultes jaillissaient de toutes parts… les Argenteuillais ont montré leur raz le bol » indique-t-il. En effet seul un électeur sur quatre s’est déplacé dimanche pour, au final, placer l’UMP Philippe Métézeau (52,88%) largement en tête devant la communiste Marie-José Cayzac (31,46%).
 
Selon Ali Romdhane, « ce résultat n’est pas surprenant ». Il est « la conséquence directe de la division de la gauche locale et de ses responsables : aucun projet politique fédérateur ni aucun travail commun, des valeurs de gauche non respectées, des conflits de personnes et la défense d’intérêts personnels plutôt que l’intérêt général ».

Il est convaincu que les querelles internes à la gauche au niveau d’Argenteuil déstabilisent les militants et les citoyens. « Ils ne se reconnaissent plus dans cette gauche qui fait régulièrement appel au parachutage. Les appareils politiques de gauche privilégient le passage en force plutôt que la concertation avec les militants locaux » écrit-il. « Cette situation ne peut perdurer sans être dénoncée mais aussi combattue car les Argenteuillaises et les Argenteuillais sont très en colère contre la gauche, ils nous l’ont dit lors de cette campagne. Argenteuil a donc besoin d’un sursaut politique et d’une dynamique citoyenne pour mettre fin une fois pour toute aux arrangements entre partis politiques sur le dos de la population. » Ali Romdhane se verrait enfiler le costume de l’homme politique, « en dehors des partis », représentant ce sursaut. C’est pourquoi il gardera sa permanence, « La Maison Commune d’Argenteuil », ouverte jusqu’aux prochaines élections cantonales sur Argenteuil en 2011.