Une réunion est prévue ce jeudi entre les élus locaux et le préfet du Val-d’Oise pour trouver une solution au drame des réfugiés soudanais et somaliens qui squattent l’ancienne caserne Bossut de Pontoise. Mais les responsables d’associations humanitaires pointent le fait qu’ils sont au courant de la situation depuis des mois et réagissent bien tardivement.

 « Il y a déjà plusieurs mois que nous avons alerté la préfecture du Val-d’Oise sur la situation  de ces réfugiés, qui squattent la caserne Bossut dans des conditions indignes ». Colette Levaillant, présidente des Restos du cœur du Val-d’Oise, désigne de la main les vieux hangars en ruine qui, ce mercredi 21 octobre, abritent d’un côté quarante-quatre réfugiés soudanais, de l’autre un nombre équivalent de Somaliens. Indiquer la date du comptage est important car le nombre des squatteurs de la caserne Bossut ne cesse d’augmenter. « Ils étaient une trentaine en juin, lorsque nous avons commencé à leur porter secours, il en arrive chaque jour », précise Colette Levaillant qui a produit des « messages d’alerte » tout l’été, sans résultat. Le Secours catholique de Pontoise est également actif depuis des mois sur le site.

Les élus et les services de l’Etat peuvent difficilement prétendre « découvrir » la situation très précaire de ces réfugiés – mais « en règle » dans l’attente de leur hypothétique régularisation – qui errent toute la journée entre les allées défoncées de l’ancienne caserne et les gares de Pontoise et de Cergy-Préfecture.  La permanence de la police municipale de Pontoise occupe un bâtiment voisin dans la caserne désaffectée. Quand à la direction centrale de la police du Val-d’Oise, elle se trouve à moins de 200 mètres de là !

Les réfugiés ont pour certains déposé une demande d’asile auprès de la préfecture du Val d’Oise mais la plupart dépendent des préfectures des Yvelines, de Paris, de Seine-Saint-Denis ou de l’Essonne.  Ils ne pourraient donc être hébergés dans les Centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) du Val-d’Oise. Ces dernier sont encore de la place, selon le préfet. Colette Levaillant affirme de son côté que les CADA d’Ile-de-France sont saturés, même s’il reste quelques places ici ou là.

Comme les Restos du cœur, le Secours catholique et le Secours populaire viennent en aide aux réfugiés qui n’ont ni eau, ni électricité, ni chauffage, ni sanitaires. Le Lions club de Pontoise a décidé lui aussi d’apporter une aide d’urgence.

Que sortira-t-il de la réunion convoquée jeudi 22 octobre entre les responsables de l’agglomération, de la préfecture et de la ville de Pontoise pour trouver une solution ? Visiblement, tous veulent éviter que la caserne Bossut attire de nouveaux squatters et devienne une autre « Jungle de Calais ».

Après de la fermeture du centre de Sangatte, le ministère de l’Intérieur avait évoqué l’idée de faire de la caserne désaffectée de Pontoise un lieu d’accueil massif de réfugiés en région parisienne.Un projet auquel s’était aussitôt opposé le député-maire de Pontoise Philippe Houillon (UMP). Mais l’idée revient par la force des choses…