Actuellement implanté à Champs-sur-Marne (77), le Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques compte 40 agents et devrait déménager à Cergy-Pontoise, site choisi pour accueillir le futur Centre national de conservation de restauration et de recherches patrimoniales en Île-de-France. Cette décision a « profondément choqué » le personnel qui estime « qu’elle va à l’encontre de la pérennité du LRMH. » Ils demandent donc le maintien de la structure en Seine-et-Marne.

L’arrivée prochaine des réserves du Louvre à Cergy-Pontoise ne fait visiblement pas que des heureux. Ainsi le personnel du Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques demande au ministère de la Culture « le maintien du LRMH dans ses locaux actuels. »

Leur préférence allait pour Neuilly-sur-Marne

Déjà « surpris » d’être impliqués dans le projet du Centre National de Conservation du Patrimoine (CNCP), « qui est de nature exclusivement muséale », les agents du LRMH ont malgré tout participé « activement » aux divers groupes de travail mis en place pour étudier le projet du CNCP. Ils avaient ainsi signifié leur préférence pour le site de Neuilly-sur-Marne. « Contre toute attente et sans tenir compte des recommandations de la commission, le site de Cergy-Pontoise a été choisi » déplore le personnel du LRMH qui fait plusieurs griefs à ce site.

« Le déménagement à Cergy-Pontoise conduira au départ de nombreux agents »

« L’installation du CNCP sur une commune trop éloignée de notre localisation actuelle à Champs-sur- Marne, nuira à la réactivité de notre réseau national de recherche, essentiellement centré sur l’Est parisien, prochainement renforcé par la création d’un pôle scientifique et technique d’excellence (plus de 1 500 chercheurs et ingénieurs) sur la cité Descartes à Marne-la-Vallée, dans le cadre du projet du Grand Paris » précise le communiqué. Les agents du laboratoire reprochent également à Cergy-Pontoise de ne pas posséder un réseau de transports suffisant qui « rendra particulièrement difficiles [leurs]nombreux déplacements. »

Enfin, le LRMH craint de voir son personnel partir. « Cette implantation conduira surtout au départ de nombreux agents du LRMH pour des raisons familiales et de durée de transport. Or, dans près de la moitié des pôles de compétence du LRMH, le départ d’un  agent représenterait une perte de compétence et de savoir totale car ces pôles ne sont représentés que par une seule personne » précise le communiqué.

Pour le personnel, la décision « incompréhensible » de leur ministère nie « à la fois le travail de la commission créée autour du CNCP, mais aussi 40 ans de travail pour construire un laboratoire au service des monuments historiques, unique au monde ». « Elle conduirait inévitablement, non pas à l’excellence recherchée, mais au démantèlement d’un laboratoire que l’État avait su jusqu’à présent développer » poursuit-il.

Le personnel « uni, mobilisé et déterminé à se battre pour sauvegarder ce service essentiel du patrimoine » demande donc le maintien du LRMH dans ses locaux actuels.