« Le projet gouvernemental de réforme des collectivités locales est une régression sans précédent dans l’histoire de la vie démocratique du pays ». Le ton était donné lors de cette conférence de presse à laquelle participaient Jean-Michel Ruiz, secrétaire départemental du PCF, Dominique Lesparre, vice-président du Conseil général et Maire de Bezons, Michel Vallade, Maire de Pierrelaye, Alain Feuchot, maire-adjoint de Montigny les Cormeilles et membre du bureau de l’ADECR.
 
 Pour les communistes, « l’objectif de cette réforme est d’éloigner les citoyens de tout pouvoir de décision et même de les priver de leurs représentants élus les plus proches, d’étouffer le service public et de le livrer aux affairistes ». Ils appuient leur affirmation sur le fait que les élus départementaux et régionaux fusionneraient sous l’appellation d’élus territoriaux, « élus qui géreraient donc des territoires beaucoup plus vastes au détriment de leur politique de proximité » complète Michel Vallade.

Un mode de scrutin jugé scandaleux

« Le mode de scrutin préconisé est quant à lui un véritable scandale. Les 20% de proportionnelle annoncés ne servent qu’à cacher un mode de scrutin « uninominal à un tour » qui vise à permettre à l’UMP de plus en plus minoritaire de garder le pouvoir. C’est en fait l’instauration de la bi-polarisation de la vie politique, en essayant de supprimer du paysage public les forces qui portent des politiques de transformation » précise Jean-Michel Ruiz. Dominique Lesparre juge que cette réforme est « un véritable coup d’Etat contre la République et la démocratie ».
La suppression de la taxe professionnelle révolte les élus communistes. « D’après nos estimations, cette suppression occasionnerait une perte de 1.2 millions de recettes pour Bezons dès 2010 » s’inquiète le maire de Bezons. « Cela aurait pour conséquence immédiate une baisse de 6% du budget de fonctionnement ! ».

Une réforme reconnue malgré tout nécessaire

Les communistes proposent d’autres solutions : « la nécessité de taxer les actifs financiers » pour le maire de Pierrelaye, quant au secrétaire départemental du PCF, il parle de l’instauration « d’une taxe professionnelle « intelligente » qui ferait bénéficier d’un bonus l’entreprise qui investit dans la recherche, dans la formation, dans les salaires, dans une autre forme de production. Mais une entreprise qui fait de la financiarisation se verrait elle appliquer un malus ».
« Monsieur Sarkozy, balayez devant votre porte ! » s’insurge Alain Feuchot en évoquant « les 1428 milliards d’euros de déficit de l’Etat ». Michel Vallade fait constater que l’endettement de sa ville correspond à 500 euros par habitant alors que celui de l’Etat porte le ratio à 20000 euros par Français.

En conclusion, Jean-Michel Ruiz met en avant la nécessité d’une réforme « qui institue le partage des décisions entre citoyens et élus, qui valorise le rôle et le travail des élus, qui donne les moyens financiers aux collectivités territoriales pour pouvoir conduire leur politique, qui favorise le développement des services publics et un nouveau mode de développement, qui ouvre les collectivités à des coopérations entre elles ».
Il conclut : « Nous mettons la démocratie au cœur de cette réforme. Ainsi, nous nous battons pour que la proportionnelle soient mise en œuvre dans tous les scrutins de liste, pour que le droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers soit reconnu à toutes les élections, pour instaurer une réelle démocratie participative, qui ne peut être un gadget ou un simple argument de campagne, mais la participation des citoyens aux décisions pendant la durée du mandat. »
 
De gauche à droite : JM Ruiz, D Lesparre, M Vallade, A Feuchot (photo d.hommeau)