Alors que se déroule la semaine européenne de la réduction des déchets, Jean-Paul Huchon et Michel Vampouille, vice-président chargé de l’environnement, ont fait adopter, "après 3 années d’analyses, d’états des lieux, de concertation et de réflexions",  les 3 Plans régionaux d’élimination des déchets : déchets ménagers, déchets de soins et déchets dangereux.
Avec ses 11,6 millions d’habitants, ses 700 000 entreprises, et ses 460 établissements de soins, l’Île-de-France produit 5,6 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés, environ 750.000 tonnes de déchets dangereux et environ 32.500 tonnes de déchets d’activités de soins à risques infectieux.

Dans le cadre de ses nouvelles compétences en matière de planification « déchets », et alors que les mentalités des citoyens évoluent, la Région décide dorénavant de sa politique déchets, "avec des objectifs clairs pour une meilleure gestion des déchets" (réduction de la production de déchets, recyclage des déchets, installations de traitement, etc…).

De la canette en aluminium, aux papiers de bureaux, déchets verts, en passant par les seringues, les huiles de vidange, les résidus d’épuration des fumées des incinérateurs, la majeure partie des déchets produits sur notre territoire sont concernés par les plans.

le Predma : Plan régional d’élimination des déchets ménagers et assimilés
le Predas : Plan régional d’élimination des déchets d’activités de soins à risques infectieux.
Et le Predd : Plan régional d’élimination des déchets dangereux.

 

Plan déchets ménagers  

 

Quels déchets ?

  • les déchets des ménages (ex : les emballages, les journaux-magazines, les encombrants, les déchets verts (tontes, branchages…), les ordures ménagères résiduelles …)

  • les déchets non dangereux et non inertes des entreprises et des administrations

  • les boues de l’assainissement collectif

      Quels objectifs pour 2019 ?

  • diminuer la production de déchets de 50 kg/habitant.

  • augmenter de 60% le recyclage des déchets ménagers.

  • doubler la quantité de compost conforme à la norme.

  • diminuer de 25% les déchets incinérés et de 35% les déchets enfouis.

  • favoriser une meilleure répartition géographique des centres d’enfouissement.

      Comment ?

Le plan prévoit de diminuer la production des déchets de 50 kg/habitant en 2019 en augmentant, notamment, de 45% le compostage des déchets organiques de nos jardins. Autre exemple, le plan préconise aux consommateurs d’acheter des produits qui sont faiblement emballés ou de privilégier l’achat en vrac. En parallèle, le plan prévoit 30 ressourceries / recycleries en Ile-de-France en 2019 pour réparer les encombrants en vue d’un réemploi. 

      • Augmenter le recyclage

 

Le plan prévoit d’augmenter de 60% le recyclage des déchets ménagers en 2019.

    • mieux trier nos emballages et journaux-magazines

    • multiplier par deux le recyclage des emballages ménagers

    • doubler le nombre de déchèteries et valoriser les encombrants

    • augmenter la collecte des déchets des équipements électriques et électroniques  (ordinateurs, électroménagers…)

    • favoriser des dispositifs de collecte innovants en particulier dans l’habitat collectif

    • améliorer les centres de tri / transfert des encombrants pour une meilleure qualité de tri

 

    • Développer le compostage et la méthanisation 

Le plan prévoit, entre 2005 et 2019, de doubler la quantité de compost en généralisant le compostage dans nos jardins et en pied d’immeubles, en favorisant la collecte des déchets verts en déchèteries. Il s’agit également de développer la méthanisation (processus naturel biologique de dégradation de la matière organique en absence d’oxygène) sur des ordures ménagères résiduelles. 

    • Davantage de transport fluvial et ferré

Le plan prévoit, à  l’horizon 2019, que 500.000 tonnes de déchets supplémentaires soient transportées par voie fluviale et / ou ferrée, par rapport à la situation en 2005. 

    • Mieux connaître les coûts, avoir un financement incitatif 

    • améliorer la connaissance et la lisibilité des coûts et du financement de la gestion des déchets

    • mettre en place la redevance incitative sur l’ensemble du territoire francilien

    • généraliser un mode de financement de la gestion des déchets par le service public qui tient compte du type de producteur (ménages et non ménages).

 
 

Plan déchets de soins  

 

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) sont issus des activités de soins contenant généralement des micro-organismes ou des toxines pouvant causer la maladie chez l’homme. Ils présentent des risques sanitaires élevés et nécessitent donc des conditions de collecte, de transport et de traitement différents de nos ordures ménagères « classiques ». En Île-de-France, on compte 2 incinérateurs de déchets ménagers qui les incinèrent spécifiquement et trois unités de prétraitement par désinfection.

En cas de mauvaise séparation, les risques sont réels pour les opérateurs de la filière. 35 accidents (coupures via des seringues) ont été recensés en Ile-de-France en 2007. 

D’où viennent ces déchets ?

    • des établissements de soins (centres hospitaliers, cliniques…),

    • des petites structures de soins (laboratoires d’analyses, maisons de retraite, centres médico-sociaux, centres de dialyses…)

    • des particuliers en auto-traitement, qui manquent de solutions de collecte adaptées à leur besoin

    • des professionnels libéraux de santé qui ne les éliminent pas tous de manière conforme

    • mais aussi, des éleveurs, tatoueurs, thanatopracteurs, services de secours…

Quels objectifs ? 

– Mieux séparer ces déchets du reste de la poubelle : à l’heure actuelle, seuls 5% des Dasri des ménages et 50% des Dasri des professionnels libéraux de santé sont correctement séparés du reste des déchets et peuvent donc suivre une filière de traitement adaptée.

2 600 tonnes de Dasri en 2005 ont été mélangés avec les ordures ménagères, source de risques importants pour les opérateurs de la filière.

L’objectif est de collecter d’ici 10 ans 50 % des Dasri produits par les ménages au lieu des 5% actuels.    

Comment ? 

    • Assurer un meilleur tri des Dasri dans les établissements de soins : les personnels soignants doivent faire un tri plus rigoureux des Dasri, qui pourrait permettre d’atteindre une réduction de 30% des quantités. Pour cela, des séquences de formation sur la gestion des Dasri (tri, collecte, traitement) pour les personnels soignants et les cadres des établissements de soins sont prévues.

    • Encadrer l’évolution du parc des installations: les deux incinérateurs de Dasri en Ile-de-France n’utilisent qu’une partie de leur capacité autorisée. Cependant, de nouvelles installations de prétraitement par désinfection peuvent être implantées, à condition que cela réponde à des besoins de traitement très localisés d’établissements de soins. Cela peut permettre notamment de réduire le transport des Dasri et ses impacts économiques, environnementaux et sanitaires.

 
 

Plan déchets dangereux  

Les déchets dangereux, identifiés dans la loi en raison de leur toxicité, leur caractère cancérogène… présentent des risques environnementaux et sanitaires élevés. Leur traitement nécessite des installations particulières. En Île-de-France, on compte deux incinérateurs, deux centres de stockage, quatre centres de traitement biologique des terres polluées, … 

      quels déchets ?

    • Les ménages : les pots de peinture, les piles, les produits phytosanitaires…

    • Les activités industrielles et artisanales produisant peu de déchets : les huiles de garages, les produits chimiques utilisés en imprimerie, les boues de pressing…

    • Les secteurs industriels « lourds » : les solvants de l’industrie de la chimie, les bains de traitement de surface, les résidus des procédés thermiques…

    • Les activités de traitement des eaux et des déchets qui produisent à leur tour des déchets dangereux : les résidus d’épuration des fumées des incinérateurs, les boues chargées en polluants issues du traitement des effluents dangereux…

    • Le secteur du bâtiment des travaux publics : les terres polluées et les déchets d’amiante…

 

Quel objectif?

Mieux séparer les déchets dangereux du reste de la poubelle :

A l’heure actuelle, seuls 20% des déchets dangereux des ménages et 30% des déchets dangereux des activités (artisanat…) sont correctement séparés du reste des déchets et peuvent donc suivre une filière de traitement adaptée. Ces déchets peuvent générer d’importantes nuisances pour l’environnement et des risques pour le personnel chargé de leur collecte et de leur élimination.

L’objectif est de collecter d’ici 10 ans 65 % des déchets dangereux produits par les ménages au lieu des 18% actuels.  

Comment ?

    • mettre en place des déchèteries accueillant les déchets dangereux.

    • développer l’information sur la reprise de certains déchets dangereux (piles, lampes, électroménager) chez les distributeurs.

    • mener des actions communes avec les magasins de jardinage/bricolage pour la promotion de produits générant moins de déchets dangereux

    • transporter moins de déchets dangereux par la route, et plus par des péniches ou des trains : actuellement, les déchets dangereux ne sont pas transportés par la voie d’eau ou le rail. L’objectif du plan est que, d’ici 10 ans, jusqu’à 15 % de certaines natures de déchets (piles, huiles…) soient transportés par la voie d’eau ou le rail

    • Utiliser préférentiellement les installations de traitement franciliennes pour les besoins de la région et des régions limitrophes : certaines filières de traitement reçoivent beaucoup de déchets dangereux provenant hors de l’Ile-de-France. Les deux incinérateurs franciliens reçoivent, par exemple, 70% de déchets provenant de l’extérieur de l’Ile-de-France. Dorénavant, 80 % des déchets admis sur les installations devront provenir de l’Ile-de-France et des régions limitrophes

    • Valoriser les déchets dangereux pour une seconde vie : certains déchets dangereux tels que les huiles et les solvants usés peuvent faire l’objet de régénérations qui permettent de produire à nouveau des produits commercialisables. A titre d’exemple, 2 litres d’huiles régénérées peuvent être obtenues à partir de 3 litres d’huiles usagées. Les objectifs du plan sont d’améliorer les taux de recyclage de certains déchets et de favoriser l’émergence de nouvelles filières de valorisation.