Dans une interview accordée à France Info, la mère d’Adrien, battu à mort à Sannois le 13 janvier dernier, lance un appel aux responsables politiques. Au moment où la violence scolaire occupe une place importante de l’actualité, Yamina Debray ne comprend pas l’absence de réaction concernant la violence ordinaire dont a été victime son fils il y a un mois. « Je souhaite que la mort d’Adrien serve à vous interpeller, que vous preniez conscience des réalités du terrain, que vous ne vous coupiez pas des gens qui vivent dans ces banlieues » écrit-elle dans une lettre adressée aux candidats aux régionales en Ile-de-France.

« Je suis une mère qui vient de perdre dans des conditions atroces son fils Adrien. Ce qui lui est arrivé aurait pu arriver à un autre enfant et une autre mère aurait pu écrire ces mots », explique Yamina Debray au début de sa lettre à l’attention des candidats aux régionales. Le 13 janvier dernier, son fils a été victime d’un affrontement entre bandes, tabassé à mort dans une grande violence.

Si l’enquête a permis d’interpeller cinq jeunes hommes âgés de 19 à 21 ans, l’affaire est restée confidentielle. Aucun responsable politique ne s’est exprimé sur cet acte de « violence ordinaire ». « Si Adrien a subi ces agressions c’est que notre sécurité n’est pas à la hauteur de vos promesses passées » constate cette mère.

« A chaque échéance électorale, vous avez sur le papier des programmes ambitieux, mais souvent ces promesses restent vaines car vos carrières politiques priment sur l’intérêt collectif. Les personnes qui vivent dans ces banlieues ne vous demandent que de respecter vos promesses afin que nous puissions vivre ensemble sans haine et suspicion de l’autre » poursuit-elle avant de demander « de prendre en compte ces jeunes qui sont notre avenir et qui ont du mal à trouver des emplois sous prétexte de leurs origines, de leurs quartiers ou villes qu’ils habitent. »

Retrouvez le reportage réalisé par France Bleu Ile-de-France : http://www.france-info.com/france-societe-2010-02-17-apres-l-assassinat-de-son-fils-une-mere-denonce-l-indifference-face-a-406109-9-12.html