L’avocat d’Ali Soumaré a annoncé ce lundi matin qu’il allait déposer dans la semaine une plainte en diffamation auprès du doyen des juges d’instruction de Pontoise suite aux accusations portées par les maires UMP de Franconville et Saint-Leu-La-Forêt. Maître Jean-Pierre Mignard a qualifié le communiqué de MM. Delattre et Meurant, publié vendredi, de "procédé abject venant de maires officiers de police judiciaire ayant pour mission de faire respecter le droit des personnes". L’avocat de la tête de liste PS aux régionales dans le Val-d’Oise a ajouté que "l’intention de nuire est patente en période électorale".

Les deux élus UMP avaient adressé à la presse une liste de cinq faits, affirmant qu’ils avaient été commis par Ali Soumaré entre 1999 et 2009. Me Jean-Pierre Mignard a précisé que son client niait trois des cinq affaires (condamnations ou procédures judiciaires en cours). Concernant les deux autres affaires, une condamnation remontant à 1999 n’a plus le droit d’être évoquée, a déclaré l’avocat, car M. Soumaré "a été réhabilité".

Concernant la dernière condamnation évoquée par les élus UMP, datant d’octobre 2009 (deux mois de prison ferme pour des faits de rébellion à agents de la force publique), Maître Jean-Pierre Mignard s’est étonné qu’elle n’avait pas été signifiée par les services du tribunal de Pontoise à son client. "Appel a été fait immédiatement ce (lundi) matin même", a annoncé l’avocat. Me Mignard a expliqué que le délai de 10 jours pour faire appel d’une condamnation courait à partir de la date à laquelle la décision est signifiée.

Par ailleurs, une plainte pour violation du secret professionnel va être déposée concernant une présumée conduite sans permis reprochée à Ali Soumaré en mai 2009 ; l’une des trois affaires qu’il nie. Le communiqué des deux maires affirme à propos de ces faits présumés que le candidat PS a été visé par "une ordonnance pénale du 16 février 2010".
"Nous ne voyons pas à quoi il est fait allusion, aucune ordonnance pénale n’a été signifiée à M. Soumaré. Nous demandons à Mme (le procureur de la République de Pontoise) de voir dans quelles conditions cette information a pu être communiquée et dans quel dessein", a déclaré l’avocat d’Ali Soumaré.