Après les critiques de la droite, c’est au tour d’élus de gauche d’exprimer leurs inquiétudes quant à la réforme de l’aide aux communes proposée par le Conseil général. Soutien de Didier Arnal lors de son élection en mars 2008 à la tête de l’assemblée départementale, Eric Proffit Brulfert (photo), maire de Menucourt, s’estime lésé par le dispositif et critique « la rigidité du système mis en place. »

 Lors d’une réunion d’information le 15 février à Courdimanche en présence du président du Conseil général, les élus de Menucourt ont fait connaître leurs inquiétudes et leur opposition à la réforme du dispositif d’attributions de subventions aux communes dans son état actuel. Ils considèrent « qu’elle menace dangereusement l’autonomie des communes. » A cette occasion le maire, Eric Proffit Brulfert, ancien socialiste passé chez les Verts, a émis plusieurs critiques. « La contractualisation voulue par le Conseil Général pose des problèmes de forme et de fond » a-t-il expliqué. « Sur la forme, je trouve regrettable la rigidité du système mis en place. Devoir définir 3 à 5 projets, dont le principal ne pourra obtenir plus de 50 % de l’enveloppe communale, nous empêche de développer des investissements conséquents » a-t-il développé.

Sur le fond, l’élu estime que les seuils imposés par l’instance départementale sont « préjudiciables » pour sa commune. « En effet, une commune dont la population est inférieure à 5000 habitants, sans logements sociaux, bénéficiaire d’un contrat régional départemental bénéficiera de davantage de subventions du Conseil Général que la ville de Menucourt, malgré ses 17 % de logements sociaux » indiquait ce soir Eric Proffit Brulfert, qui a proposé à Didier Arnal de revoir sa copie et de relever le seuil « pour que Menucourt intègre les communes de 2000 à 6000 habitants et bénéficie de 58 € par habitant. »

Enfin, le maire de Menucourt a repris un argument déjà avancé par la droite départementale. Il considère que la contractualisation, dans sa forme actuelle, est « une mise sous tutelle des communes dans la mesure où il n’y a pas de choix possible. Sauf à refuser toute aide ».

En 2009, la ville de Menucourt a délibéré à quatre reprises pour demander des subventions au Conseil général. Ces aides devaient permettre la déconstruction du « mille club », la construction de modulaires pour les vestiaires du club de football, la restructuration de la maison de la petite enfance, la construction de terrains de football synthétique et l’achat de mobilier pour la maison de la petite enfance. Or, selon le conseiller municipal François Thoraval, ces subventions n’ont jamais été l’objet d’une délibération au sein de l’assemblée départementale. « Comment vous croire, monsieur le président quand vous dites qu’il n’y a pas d’année blanche en matière de subventions, alors que le conseil général n’a délibéré sur aucun de ces projets, réalisant ainsi l’économie d’une année de subvention en défaveur de la ville de Menucourt ? » a-t-il demandé à Didier Arnal lors de cette réunion.

Autre grief fait au nouveau dispositif départemental : la déduction de l’enveloppe de contractualisation des subventions demandées en 2009 contrairement à ce qu’annonçait le Conseil général. Une situation dénoncée par l’adjoint au maire en charge de la culture lors de cette réunion. « Mais quand en 2005, le département du Val d’Oise, s’engage, par sa signature à octroyer une subvention de 41 000 € dans le cadre d’un contrat régional départemental, pour des travaux dans notre salle culturelle Georges Brassens, d’acoustique notamment et que j’apprends que cette somme sera à déduire de l’enveloppe de contractualisation car les travaux seront achevés à la fin du semestre, je me dis que la parole du conseil général n’engage pas grand monde » a expliqué Didier Leroux.