Ils seraient 4 millions de retraités à vivre avec moins de 600€ par mois. Mobilisés aujourd’hui pour une revalorisation de leur retraite, ils s’inquiètent quant à leur avenir. Nous avons rencontré Odile, une retraitée veuve qui réside à Montgeroult, une petite commune à une dizaine de kilomètres du coeur de Cergy-Pontoise.


Derrière la porte de sa petite maison proche de la gare de Montgeroult, Odile Bourgeois 77 ans, ouvre avec le sourire. Voilà plus d’un demi-siècle qu’elle y habite. Ici elle a élevé ses deux garçons désormais devenu grands. Depuis le décès de Christian son mari il y à 4 ans, Odile vit seule. C’est grâce en parti à la réversion de celui-ci qu’elle peut subvenir à ses besoins. "Je fais attention" s’exclame t-elle, "après avoir payé la mutuelle, l’eau, l’électricité, le fioul pour le chauffage et mon loyer de 340€, je ne peux pas épargner". En tout Odile perçoit chaque mois 750€. 600€ provenant de la réversion de son mari ancien ouvrier agricole, et 150€ de retraite pour des petits boulots."A l’époque les femmes dans l’agriculture n’étaient pas payées. Moi j’aidais mon mari, je m’occupais des tâches ménagères…". Si Odile se contente de "pas grand chose pour vivre", se refusant même des restaurants, elle regrette ne pas pouvoir gâter ses cinq petits enfants et deux arrières petits enfants. "A Noël c’est dur, je jongle avec le peu qu’il me reste pour acheter des cadeaux".

Quel avenir pour les retraités?

Baisse du pouvoir d’achat, augmentation du coût des assurances maladie, l’appauvrissement des retraités serait préoccupant selon les syndicats, 4 millions vivraient avec moins de 600€ par mois. Mobilisés en intersyndicale aujourd’hui, les retraités valdoisiens ont manifesté devant l’Assemblée nationale. "Il faut des retraites décentes et que l’Etat prenne en compte le problème de la dépendance" s’insurge André Visse, membre de la CFE-CGC retraités. "Il faut des retraites indexées sur le coût de la vie" explique t-il. Pendant que le pouvoir d’achat baisse pour les retraités et les personnes âgées, ils seraient aujourd’hui 12% à recourir à l’aide alimentaire, "quel avenir pour les retraités?" s’interroge le syndicaliste.