Pour ne pas traîner comme un boulet l’affaire Soumaré lors des élections cantonales de mars 2011 où la droite espère bien regagner le département, l’Union pour le Val d’Oise demande au patron de l’UMP 95, Jérôme Chartier, de relever Francis Delattre de ses fonctions de chef de file à la reconquête du conseil général. Pour Arnaud Bazin (non-inscrit, photo), les propos tenus par le maire de Franconville vont « durablement entacher l’image du Mouvement Populaire et de ses partenaires locaux. »

 C’est la goute d’eau qui fait déborder le vase. Les attaques de Francis Delattre à l’égard du prétendu passé judiciaire d’Ali Soumaré, qui ce sont révélées en partie fausses, auxquelles s’ajoute la comparaison malheureuse à un joueur de l’équipe réserve du PSG laisseront, selon Arnaud Bazin, « certainement des traces indélébiles dans le département ». Pour l’Union pour le Val d’Oise (UMP et non-inscrits), s’en est trop. Dans un courrier adressé à Jérôme Chartier, l’UVO demande que Francis Delatte ne soit plus le chef de file de la droite départementale pour organiser la reconquête du Conseil général aux prochaines cantonales.

La réponse de « l’amicale bouliste »

Le maire de Franconville n’est pas épargné par ces collègues de l’UVO, qu’il avait qualifié « d’amicale bouliste » sur le plateau de VOtv en décembre 2008. Déjà à cette période l’ancien président du Conseil général, François Scellier, jugeant l’intervention « grossière et mensongère », avait demandé qu’il soit « immédiatement suspendu de cette mission. » Un peu plus d’un an après, la droite locale réitère cette demande. Elle ne veut plus être mêlée à cette polémique qui « va faire porter un préjudice grave et durable sur les militants et élus se réclamant des idées de la majorité présidentielle. »

« En prenant des positions publiques aussi aventureuses, M. Delattre, vice-président de la fédération départementale de l’UMP et chef de file autoproclamé de la reconquête du Département, s’est mis dans une position difficile mais a entraîné, avec lui, l’ensemble des élus de la majorité présidentielle dont ceux de l’Union pour le Val d’Oise »
commente Arnaud Bazin dans ce courrier. Le maire de Persan fait également état de « difficultés régulièrement rencontrées depuis plusieurs mois » avec le vice-président de l’UMP Val d’Oise. Son travail de pré-désignation des candidats aux prochaines élections régionales entraîne aujourd’hui « incompréhension et aigreur » du côté des élus de droite n’appartenant pas à l’UMP.

Francis Delattre « s’est disqualifié sur le plan médiatique »

« Après la violente polémique suscitée par le "coup médiatique" de M. Delattre, nous ne voyons pas comment ce dernier pourrait décemment, et dans la sérénité requise pour cet exercice, conduire le travail de reconquête du Conseil général » poursuit Arnaud Bazin. Le président du groupe d’opposition au Conseil général estime qu’il « s’est disqualifié sur le plan médiatique. » « Cela impactera nécessairement la campagne de tous les autres candidats aux cantonales » poursuit-il.

A cette dimension médiatique de l’affaire Soumaré s’ajoute une réalité politique. « Nul ne comprendrait que la responsabilité de mener le combat politique à l’échelle départementale soit confiée à une personne qui, à partir d’aujourd’hui, ne pourra plus jamais faire le rassemblement et le consensus indispensables autour d’elle » estime l’élu de Persan.

« Neutraliser toute utilisation politicienne »

Le retrait de la fonction de chef de fil de la reconquête à Francis Delattre doit permettre de « neutraliser par avance toute l’utilisation politicienne (qui ne manquera pas d’être faite) de cette affaire dans les mois à venir » comme le laisse apparaître les dernières déclarations des responsables socialistes valdoisiens.

En demandant à Jérôme Chartier d’écarter Francis Delattre du rôle de chef de file de l’UMP pour les prochaines cantonales, l’UVO veut jouer « l’apaisement sur le terrain. » Il ne restera plus qu’au maire de Franconville qu’à ravir le siège du socialiste Gérard Sébaoun sur le canton de Franconville pour contribuer dans une moindre mesure à la reconquête du département voulue par la droite.