Après les facteurs, ce sont les habitants du quartier d’Orgemont qui expriment leur mécontentement contre la direction de La Poste. Ils contestent la réduction des horaires d’ouverture de leur bureau de poste, situé dans la rue Kleber. Des résidents se sont mobilisés et ont fait circuler une pétition qui rassemble 1000 signatures.

« Inquiets et profondément mécontents, nous sommes surtout pénalisés. »

Voilà ce qui résume, le mouvement de protestation du collectif d’habitants d’Orgemont qui dénonce, depuis deux mois, le changement du fonctionnement du bureau de poste. La réduction des horaires d’ouverture, ramenés à 4h30 par jour, a généré depuis le mois de décembre, d’après les usagers, des « files d’attentes interminables » et « avec le plus souvent un seul préposé au guichet ». Le collectif, créé à la mi-janvier sur l’initiative d’un groupe de résidents, a décidé de faire circuler dans ce quartier de 15 000 habitants environ, une pétition qui a passé la barre des 1000 signatures.

L’incompréhension règne chez les usagers qui évoquent un bureau de poste déjà surchargé. La directrice de l’enseigne La Poste du Val d’Oise, Chantal Sévilla, justifie dans un courrier du 17 février dernier, la diminution des heures d’ouverture suite à une baisse de la fréquentation qui « s’accélère depuis deux ans, passant de -6 % en 2008 à -8 % en 2009 » et qui « touche essentiellement la fréquentation en début de matinée, d’après-midi et de fin de journée ». La directrice attribue les files d’attentes au fait que le changement a eu lieu au début du mois décembre, période de forte activité. « Pour faire face à cela, la directrice du bureau, Marie Laure Allal a procédé rapidement à la mise en place d’un renfort plusieurs fois par semaine. Aujourd’hui après ce pic d’activité, la situation redevient normale », écrit Chantal Sévila. Un constat de la direction qui s’oppose à celui des riverains.

Le collectif s’inquiète de voir disparaître à terme le bureau de la rue Kleber petit et vétuste. Dans sa lettre, Chantal Sévilla assure qu’« il n’est en aucune façon question d’envisager sa fermeture ou sa délocalisation ». Malgré cette confirmation, les habitants déclarent, dans un communiqué de presse du lundi 15 mars, qu’ils ne sont pas « convaincus par le discours officiel de la direction départementale (…) Tout nous semble indiquer une stratégie contraire de leur part. » Pourtant, Jean-Paul Bailly, le président du conseil  d’administration de La Poste, répond dans un courrier daté du 10 mars à Philippe Métézeau, conseiller général rangé aux côtés des usagers et certifie la « pérennité de ce point de contact ». Mais les usagers veulent rester vigilants. Ils comptent aussi sur le soutien de la mairie. Le 26 février dernier, ils ont été reçus par le cabinet du maire.

À travers la pétition, les usagers réclament notamment  un retour rapide aux anciens horaires, « une autorisation de travaux de la mairie pour sécuriser le bureau de poste actuel, à défaut, un nouveau bureau de poste à proximité immédiate » de celui de la rue Kléber, ainsi qu’un distributeur automatique de billets. Le collectif affirme, dans son communiqué, vouloir continuer son action au nom d’un service public de proximité tant que ses « légitimes revendications » n’auront pas abouti.