« Une énorme claque », « une défaite », « une débâcle complète »,  tels sont les commentaires des candidats et ex-militants du MoDem Val d’Oise. Le score sans appel de 3,9% sur le département (identique au national), est à la hauteur de la déception chez les démocrates. Après un résultat de 8,30 % aux Européennes, la descente aux enfers fait grincer quelques dents. Si les ténors locaux ne voient pas dans ces médiocres 3,9 % un transfert de l’électorat centriste vers les partis de gauche, certains se montrent plus réalistes.

« L’électorat du MoDem n’a pas disparu, il est en attente d’une 3ème voix, je pense qu’une grande partie n’est pas allée voter », analyse Guy Messager l’ancien patron du MoDem 95, qui dans sa ville de Louvre totalise 7,7% des suffrages. Ce résultat sur sa commune « ça ne correspond à rien, ça n’a aucune signification » réagit-il, « personne n’a osé dire que c’est la sanction de Guy Messager ». Pour lui, l’électorat centriste n’est pas allé voir ailleurs, il y aurait une autre raison « on avait 12 listes cela se termine toujours par UMP et PS, cela explique l’abstentionnisme ».

Tête de liste du département, Sophie Jacquest ne croit pas non plus à un transfert de l’électorat: « le plus préoccupant dans ce score c’est l’abstention […] l’UMP n’a pas fait le plein, le PS n’a pas fait le plein » note la Sarcelloise, « les régionales c’est la prime à la notabilité ». Sophie Jacquest n’a pas de regret quant à sa campagne, expliquant l’avoir menée « avec le maximum d’énergie et de cœur ». Avec 3,25% dans son fief, le chiffre à Sarcelles est pire que la moyenne vadoisienne (3,9%). Là encore la tête de liste le justifie par des centristes qui ne se sont pas déplacés aux urnes.

« Les cerveaux sont partis »

D’autres n’ont pas exactement la même analyse, à l’image du directeur de cette campagne. Didier Kuhn remet en cause la stratégie opérée par le MoDem pour ces régionales: « ce n’était pas une campagne adaptée au scrutin, on a fait l’erreur de proposer une stratégie globale comme si l’élection était nationale ». Pour le candidat, il est clair que l’électeur MoDem a glissé son bulletin à gauche: « l’électorat centriste a trouvé que les écologistes étaient plus en phase avec les régions », ajoutant « Europe Ecologie a su capitaliser l’espace créé ».

Démissionnaire du parti lors de la constitution des listes, l’ancienne vice-présidente Laurence Marchand ne semble pas étonnée par cette descente aux enfers: « ce parti est mort, les cerveaux sont partis », n’hésitant pas à attaquer directement la version de Jacquest. « Elle retourne la situation sur l’abstentionnisme, ce n’est pas une excuse » s’insurge l’ex-militante herblaysienne; « j’ai étudié les résultats, l’électorat est parti à Europe Ecologie ou au PS ».

Second de la liste démocrate, l’écologiste Michel Verna pense aussi que « l’électorat centriste est resté à la maison », en revanche le candidat exprime également un tout autre regret: « l’erreur stratégique de François Bayrou, qui a affirmé qu’il ne pouvait pas y avoir d’accords à droite, ça a fait fuir un certain nombre d’électeurs ».

L’échec des régionales, « la faute à Bayrou »?

« Je pense que ce n’est pas un chef de bande » avoue sans langue de bois Didier Kuhn, qui souhaite maintenant que son patron national règle les affaires internes du parti notamment sur le cas de Cap 21. Laurence Marchand pense elle que le leader du MoDem « s’est désintéressé du scrutin et qu’il n’est obnubilé que par la présidentielle ». Pour l’ex-candidate à la candidature « il a été absent du débat », et a nommé « n’importe qui ». Bien au contraire pour Sophie Jacquest, selon elle François Bayrou « a passé son temps à parler des régionales, il a rempli sa mission ».

Malgré l’échec, les démocrates entendent continuer l’aventure avec le parti orange.

« Il faut plus que jamais être résistant », insiste Guy Messager le maire de Louvre. Didier Kuhn lui se dit « fatigué mais pas démobilisé », ayant personnellement repris espoir après l’allocution de Bayrou au soir du premier tour. « L’alliance avec le MoDem on ne la regrette pas » se défend Michel Verna porte parole de Génération Ecologie qui espère toujours « créer un grand pôle écologiste et humaniste ». Démotivée Sophie Jacquest? « Ce n’est pas le genre de la maison », la désormais ex-candidate démocrate valdoisienne, promet de rester fidèle à François Bayrou.