Alain Leikine, qui menace de voter contre le budget du Conseil général du Val-d’Oise lundi s’il n’est pas réintégré par le PS en prévision d’une investiture aux cantonales de mars 2011 sur son canton d’Argenteuil Ouest, se dit prêt à envisager une abstention. « Oui, c’est possible. La réponse est entre les mains du PS. Mon objectif n’est pas de voter contre le budget mais de trouver une conciliation avec l’appareil du parti. Ma volonté n’est pas de faire échouer Didier Arnal ». Le vice-président en charge de la vie économique attend des nouvelles de Martine Aubry, loin du Val-d’Oise… en Bretagne. Il s’est fixé jusqu’à dimanche soir pour arrêter sa décision « même si j’ai connu des séances où l’on se décidait à une heure de son ouverture ». Didier Arnal annonce, lui, qu’il s’exprimera vendredi « après avoir eu Alain Leikine » qu’il ne parvient pas à joindre au téléphone. Enfin, le patron du PS-95, Dominique Lefebvre, reste ferme : « les discussions reprendront quand Alain Leikine aura prouvé qu’il est bien un homme de gauche en ne votant pas avec la droite contre le budget ». Et, localement, des responsables associatifs commencent à s’inquiéter de « voir le budget du département mis sous la tutelle de l’Etat ».

 Alain Leikine s’est « mis au vert » pour ne pas, explique-t-il, avoir à subir de pressions. « J’ai trois téléphones et ils sonnent tous », rapporte l’élu d’Argenteuil qui, depuis la Bretagne, attend surtout un retour de Martine Aubry auprès de qui il a déposé une lettre dans la semaine. « A l’heure où je vous parle, je n’ai pas de nouvelles ».

Dominique Lefebvre, patron des socialistes du Val-d’Oise, assure lui qu’une lettre est bien partie de la rue de Solférino. « Alain Leikine a reçu aujourd’hui une lettre de la direction nationale du PS qui lui confirme bien que le PS ne peut pas s’engager dans une discussion sur la base d’un tel utimatum, en prenant en otage un département et un budget. Ce n’est pas le mandat que lui ont confié les électeurs en 2004 ». Et Dominique Lefebvre d’assurer  que « sa réintégration devait intervenir lors d’un prochain conseil du PS. Alain Leikine fait une erreur d’appréciation ».

Localement, des responsables associatifs commencent à s’inquiéter d’une mise sous tutelle du budget départemental. « On entend dire que le budget serait reconduit à l’identique, mais que tous les nouveaux investissements seraient gelés », s’alarme un acteur culturel. Le responsable d’une association d’insertion s’inquiète, lui, pour ses nouveaux projets. « On a lancé un nouveau programme sur nos fronds propres en prévision d’un nouvel engagement, on est dans l’attente».

Alain Leikine, qui affirme avoir reçu le soutien « de nombreux acteurs économiques du Val-d’Oise », déclare comprendre les premières inquiétudes venues du terrain. « C’est bien pour ça que j’espère que l’appareil du PS va prendre conscience de la situation. Si je me bats aujourd’hui, c’est pour une certaine expression du politique. »

Alors Alain Leikine pourrait-il finalement s’abstenir lors du vote du budget ? « C’est possible, la réponse est entre les mains du PS », déclarait-il jeudi. Et d’ajouter : « J’ai exposé mes difficultés. On ne voit pas comment un être sérieux pourrait passer d’un vote contre à un vote pour »… Fin du suspense lundi matin lors du vote du budget à l’Hôtel du département.