Le budget du Conseil général du Val-d’Oise a été voté ce lundi 12 avril par 20 voix contre 19. Le conseiller général (divers gauche) Alain Leikine a finalement voté le budget après avoir menacé un mois plus tôt de voter contre. L’élu d’Argenteuil souhaitait être réintégré au PS en prévision d’une investiture aux cantonales de mars 2011. « Je considère aujourd’hui avoir obtenu une réponse claire » du PS , a-t-il déclaré en séance, évoquant la « réintégration de mon équipe et de moi-même » et une  « assurance par rapport aux rendez vous électoraux ». Le conseiller général d’opposition UVO (UMP et non inscrits) Roland Guichard s’est dit « attristé de voir que l’intérêt général est mis de côté au service de l’intérêt personnel. L’assemblée et le Val-d’Oise ont été pris en otage ».

 Avant que ne débute la discussion sur le budget, le président PS du Conseil général du Val-d’Oise avait posé cette question à l’assemblée : « Qui peut envisager tranquillement les conséquences d’un vote négatif sur le budget ? Personne, aucun d’entre nous, car nous sommes tous instruits des conséquences », déclarait Didier Arnal avant d’appeler les élus de l’opposition à voter le budget.

 « Nous n’irons pas jouer les supplétifs d’une majorité qui se cherche car elle n’existe plus et nous voterons contre le budget », lui a répondu Arnaud Bazin, le président du groupe UVO qui, évoquant le « cas Leikine », s’est interrogé : « après petit meurtre entre amis va-t-on avoir droit à petit arrangement en famille?»

A cet instant, tous les regards sont tournés vers Alain Leikine qui s’apprête à prendre la parole : « Ce mois a été riche, je n’ai aucun regret, j’ai rencontré beaucoup d’acteurs sociaux-économiques, commence  l’élu d’Argenteuil. Le budget tel qu’il a été proposé, j’y ai participé. Le président, je n’ai pas évoqué avec lui de discordance dans la façon de mener la politique du Conseil général ». Et le vice-président en charge de la vie économique a fait le point en séance de ses dernières rencontres avec des responsables nationaux du PS. « Un rendez-vous se monte avec Christophe Borgel (secrétaire national du PS chargé de la vie des fédérations et des élections, Ndlr) pour régler différents dossiers évoqués devant vous ». Alain Leikine déclare avoir des « assurances extrêmement fermes » du PS. Il parle de « réintégration d’une part de mon équipe et de moi-même » et d’autre part d’une « assurance par rapport aux rendez vous électoraux ». Avant de finalement annoncer, ce que la salle avait compris exprimant sa réaction positive ou hostile, il votera le budget. « Voter contre le budget aujourd’hui n’aurait pas de sens ».

 Soulagement dans les rangs de la gauche et réactions indignées dans ceux de la droite. Roland Guichard (UVO) s’est dit « attristé de voir que l’intérêt général est mis de côté au service de l’intérêt personnel. L’assemblée et le Val-d’Oise ont été pris en otage ».  Et ce dernier de conclure : « Je suis triste et un tout petit peu honteux d’être conseiller général aujourd’hui ». Jean-Pierre Enjalbert, le maire de Saint-Prix, lâche pour sa part: « j’aurais préféré être auprès de mes patients, j’aurai été plus utile ». 

 De son côté, le président PS du Conseil général souligne, répondant aux journalistes venus nombreux à la séance, que les questions soulevées par son conseiller général d’Argenteuil concernent « Alain Leikine et le PS et pas Alain Leikine et le président du Conseil général (…) ce qui m’importe pour les valdoisiens c’est de pouvoir exécuter ce budget » déclare Didier Arnal avant de lâcher : « J’espère qu’il a bien négocié avec le PS ».

Avec ce vote favorable d’Alain Leikine sur le budget, on oublierait presque un autre fait politique majeur de la vie de l’assemblée départementale : l’ancien élu UVO Robert Daviot a voté pour le budget présenté par la gauche.