La publication du palmarès des lycées par le Ministère de l’Education Nationale ne laisse visiblement pas les responsables politiques locaux indifférents, en particulier à gauche. Après le MUP, c’est au tour du Mouvement Républicain et Citoyen de dénoncer une « distorsion public/privé ». Le MRC 95 propose aux collectivités territoriales de « réfléchir sur les modalités et le niveau de financement public du secteur privé pour concentrer l’effort public sur l’Ecole de la République, laïque, publique et gratuite. »

 Le palmarès des lycées publié récemment par le ministère de l’Education fait grincer des dents à gauche. Pour ses responsables politiques, la carte de la réussite scolaire se calque sur celle des inégalités sociales et territoriales. Alors que dans le Val d’Oise, les 10 premières places sont trustées par le secteur privé, le MRC95 se pose des questions. « Comment parler d’égalité et de méritocratie républicaine quand la réussite à l’école dépend aussi fortement de la commune d’habitation – quand ce n’est pas de la rue – et du revenu des familles ? » s’interroge le premier fédéral MRC du Val d’Oise, Rachid Adda.

Pour lui, l’Ecole n’est plus le vecteur de la réussite scolaire partout et pour tous. « L’Ecole publique, elle-même, reproduit un peu plus chaque jour des inégalités sociales et territoriales et ne permet plus d’assurer un chemin pour chacun… Ce qui était encore possible il y a peine 20 ans » appuie-t-il. Première visée : la politique gouvernementale qui aurait accéléré cette « distorsion » en autorisant puis en imposant, le financement des Ecoles privée par les collectivités territoriales.

« Le secteur privé connaît un nouvel essor en surfant sur la mauvaise image de l’Ecole publique dans certains territoires et en offrant un service payant qui garantirait une plus grande réussite au bac » poursuit l’élu de Sarcelles.

« L’argent public doit d’abord servir l’Ecole publique »

Le MRC du Val d’Oise demande donc aux acteurs publics d’accorder plus de moyens à l’école publique dans notre département. A l’Etat dans un premier temps, « qui doit assumer sa mission en matière d’Education et de cohésion sociale en augmentant les moyens humains et financiers pour les établissements publics » mais aussi aux collectivités territoriales « pour qu’elles cessent d’aller au delà de ce qu’impose la Loi en matière de financement du secteur privé de l’enseignement. »
 

« C’est au prix de cet effort que nous relèverons le défi républicain de redonner à l’Ecole publique son statut d’Ecole de la réussite partout et pour tous » conclut Rachid Adda.