Alors que le Premier ministre doit installer officiellement, mardi 25 mai, le nouveau Conseil national des villes (CNV), les maires des villes de banlieue tirent le signal d’alarme « pour faire repartir l’action publique en faveur des périphéries en souffrance. » Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois et président de « Ville et Banlieue », et François Pupponi, député-maire de Sarcelles, tiendront une conférence de presse vendredi matin pour dénoncer une « politique de la ville en panne ».

 Encore plus durement frappés par la crise économique et sociale mondiale, les quartiers populaires nécessitent actuellement d’autant d’attention. Mais les maires de banlieues constatent que « la politique de la ville est en panne. » « Notre maison brûle et les responsables semblent, au sommet de l’Etat, regarder ailleurs. Au point que la Secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville a récemment écrit au Premier ministre pour l’alerter et appeler le Gouvernement à prendre des mesures » rappellent-ils dans un communiqué.

Dès lors, ces élus, Claude Dilain et François Pupponi en tête, convoquent les journalistes pour attirer l’attention des médias sur cette situation et notamment sur l’arrivée à échéance fin 2009 des contrats urbains de cohésion sociale. Alors que le chantier de la réforme de la contractualisation Etat/collectivités et de la géographie des quartiers prioritaires s’est ouvert il y a plus d’un an, il s’interroge sur l’abandon de ce projet. « Nous, maires de banlieue, avons rassemblé nos partenaires des autres associations d’élus pour signer ensemble en avril un Manifeste pour la réforme de la politique de la ville » indiquent-ils. Un texte envoyé au Premier ministre qui n’a toujours pas répondu.

« Nous attendons aussi que soit mise en oeuvre en faveur des communes les plus pauvres accueillant les populations les plus en difficulté, une solidarité financière indéfectible. Et que la réforme de la dotation de solidarité urbaine (DSU) aboutisse à un dispositif pérenne » expliquent ces maires de banlieue, qui pointent également les atteintes à la sécurité des personnes « qui se sont multipliées ces derniers mois ».

Ensemble, ils demandent que le Premier ministre « mobilise tous ses ministres et les appelle à une action interministérielle concertée et vigoureuse, pour redonner aux élus et aux populations des banlieues, confiance dans l’action publique et dans la République. »