Le premier fédéral du PS dans le Val d’Oise s’est fendu d’une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur pour ces récentes annonces. Dans le collimateur du maire de Cergy, la transformation des Unités territoriales de quartiers (UTEQ) dont Dominique Lefebvre voit l’efficacité depuis un an dans sa commune.

 Les critiques récentes de la droite sur la prétendue inaction des collectivités locales de gauche a trouvé un certain écho du côté de Cergy. Son maire socialiste a donc pris la plume pour répondre indirectement à ces attaques en règle et prouver qu’en matière de sécurité la gauche n’est pas en reste. Il faut dire qu’avec une unité territoriale de quartier et un système de « vidéotranquillité », la préfecture du Val d’Oise n’est pas mal lotie. S’il salue la mise en place des fameuses UTEQ, une « dénomination contournée ne faisait que refléter l’embarras de votre camp à rétablir la police de proximité », Dominique Lefebvre dénonce aujourd’hui leur transformation en Brigades spéciales de terrain (BST). « Question sémantique, ça ne veut toujours rien dire, si ce n’est que « brigade spéciale » a un petit côté militaire, voire commando, calculé pour chatouiller agréablement l’oreille de l’extrême-droite dont vous attendez le salut en 2012 » fait-il remarquer.

Sur les critiques faites à la gauche sur les questions de sécurité, Dominique Lefebvre y voit « une ficelle un peu grosse », pour détourner l’attention des difficultés économiques et sociales croissantes du pays mais aussi « des scandales qui éclaboussent votre camp. »

Le maire de Cergy se dit « ne pas se sentir concerné par [les]attaques contre les naïfs des beaux quartiers. » « Je ne crois pas avoir manqué de détermination pour lutter contre l’insécurité dans ma ville, ni vous avoir attendu pour le faire : c’est le premier chantier auquel je me suis attelé dès que je suis devenu maire en 1996, indique-t-il. J’y consacre chaque année des moyens très importants, avec une police municipale dont l’effectif est un des plus nombreux de France parmi les villes de même taille. Et parce que je n’ai pas de tabous idéologiques, j’ai mis en place cette année un dispositif de vidéotranquillité dans certains quartiers. »

« A vrai dire, j’aurais presque tout pour que vous me citiez en modèle de ce qu’il faut faire, ose même l’élu local. A une nuance de taille : nous ne partageons rien sur le sens de l’action et les valeurs qui la fondent. »

« Le problème, c’est votre politique bornée de suppression de postes »

Une police municipale non armée, et qui « ne le sera jamais », un système de vidéosurveillance qui couvre « uniquement les endroits de plus grand passage, qui concentrent 70% des faits de délinquance de voie publique », sont autant de marqueurs de la différence de conception de la sécurité entre la droite et la gauche, selon Dominique Lefebvre.

« Savez-vous quel est en fait le principal problème rencontré ? La nuit, la police nationale ne dispose pas des effectifs nécessaires pour intervenir sur tous les faits repérés par les caméras (…) Le problème n’est pas d’ordre technique, le problème n’est pas la prétendue inaction des collectivités locales de gauche (…) Le problème est que beaucoup de villes populaires sont étranglées  financièrement ; le problème est surtout que votre politique bornée de suppression de postes finit par empêcher les gardiens de la paix de faire leur travail » regrette-t-il.

Pour Dominique Lefebvre, la présentation des problèmes de sécurité par le ministre de l’Intérieur revient « prendre les gens pour des imbéciles. » « Et c’est les prendre doublement pour des imbéciles que d’affirmer sur un ton martial que vous allez faire de cette question une priorité (où étiez-vous donc ces huit dernières années ?) alors même que vous réduisez des moyens déjà insuffisants » conclut-il.