Le cabinet Blézat Consulting vient de remettre à l’Etablissement Public d’Aménagement Plaine de France ses conclusions sur la stratégie de préservation de l’agriculture dans son territoire. Se plaçant délibérément dans une prospective à moyen terme, l’étude définit les conditions permettant de maintenir une activité agricole industrielle de haut niveau, tout en permettant le développement urbain nécessaire aux populations et à l’activité.


 Lancée en juin 2009 par l’EPA Plaine de France, l’étude de Blézat Consulting part du constat du danger que représente l’urbanisation pour l’agriculture industrielle. D’une surface de dix-mille hectares, les terres agricoles de la Plaine de France sont parmi les plus fertiles d’Europe et sont cultivées par une centaine d’exploitations modernes. Cette grande culture céréalière de niveau mondial nécessite des investissements lourds.


L’agriculture est aujourd’hui menacée par l’expansion de la ville et la cession du foncier à des fins d’urbanisation. Des cessions anarchiques qui tendent à morceler son territoire et à faire perdre aux exploitations leur efficacité industrielle. Les scénarios montrent que si rien n’est entrepris, c’est la moitié des exploitations qui seront ainsi amenées à disparaître d’ici 2025.


« Le maintien d’une agriculture économiquement viable passe par des mesures de protection et d’accompagnement. L’agriculture doit s’inscrire dans un projet global de territoire, et ce projet doit être porté par la collectivité, au delà des instances agricoles » souligne Hervé Dupont, Directeur Général de L’EPA Plaine de France.


La publication de cette étude intervient au moment du vote par le Sénat, le 29 mai 2010, de la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche, qui prépare la réforme de la politique agricole commune de l’Union européenne en 2013. Le gouvernement, soucieux de préserver ce secteur d’activité stratégique, souhaite en outre élaborer un plan de développement de l’agriculture périurbaine en Ile-de-France, passant par la préservation du foncier agricole. Il envisage notamment de créer une taxe sur les plus-values générées par la revente de terrains agricoles devenus constructibles.


A la suite de cette étude, l’EPA Plaine de France a entamé une concertation approfondie avec les acteurs impliqués. Plusieurs niveaux d’intervention ont été identifiés : Le premier niveau est d’ordre réglementaire, par une activation des possibilités offertes par le SDRIF (Schéma Directeur de la Région Ile-de-France) ; le deuxième passe par la protection renforcée localisée en utilisant des outils existants tels que PRIF, Périmètre Régionaux d’Intervention Foncière, ou ZAP, Zone d’Aménagement Protégé… Le troisième passe par une politique d’acquisition foncière volontariste via les SAFER (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’établissement rural). Des mesures d’aménagement appliquées aux zones de contacts ville-campagne ou la création d’« espaces de transition » sont également envisageables. Un autre moyen est de veiller à la compacité des projets urbains en secteur péri-urbain afin de préserver les terres agricoles. C’est le cas par exemple à Louvres et Puiseux ou au Triangle de Gonesse Enfin, un accompagnement actif des agriculteurs renforcerait cet arsenal dont disposent l’EPA Plaine de France et les élus, pour mettre en oeuvre une politique qui doit être pensée sur le long terme pour éviter le déclin de l’agriculture en Ile-de-France.
 

Crédit photo: Philippe Guignard