Mardi dernier, les services de police ont découvert l’occupation d’un immeuble désaffecté de Gonesse par une vingtaine d’hommes. Au moment où la préfecture du Val d’Oise s’est décidée à communiquer sur ce dossier, le maire PS de la commune, Jean-Pierre Blazy, qui la tient pour responsable de cette situation, lui rappelle qu’elle doit « trouver une solution durable d’hébergement pour l’ensemble de ces personnes qui serait de nature à les convaincre de quitter les lieux dans les meilleurs délais. »

Depuis plus d’un mois, une vingtaine de Somaliens et Erythréens occupent illégalement un bâtiment désaffecté, destiné à être démoli dans le cadre d’une opération de rénovation urbaine, à Gonesse. « Des contrôles du droit au séjour sur le territoire national ont eu lieu, ce qui a conduit une dizaine d’entre eux à cesser de fréquenter le squat. La situation des personnes qui y sont encore installées fait actuellement l’objet d’un examen attentif par les services de l’État » précise aujourd’hui la préfecture du Val d’Oise. L’occasion pour elle de faire le point sur la situation des demandeurs d’asile dans le département après l’épisode de la caserne Bossut l’année dernière.

A l’automne 2009, une cinquantaine de Soudanais et de Somaliens occupaient ces locaux désaffectés à Pontoise. Installés dans un centre d’hébergement provisoire mis à disposition par la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, ils ne sont aujourd’hui plus que 25, informe la préfecture. « Une centaine d’autres demandeurs d’asile Soudanais et Somaliens, qui s’étaient présentés à la même période, avaient été logés par la préfecture dans deux hôtels, l’un à Saint-Ouen l’Aumône, l’autre à Gonesse, poursuit la préfecture. Ils ont progressivement quitté les hôtels pour entrer en centre d’accueil de demandeurs d’asile, et, pour quelques familles, en foyer. »

Mais cette situation s’est transposée à Gonesse. Mardi 25 août, les services de police ont découvert l’occupation de l’immeuble par une vingtaine d’hommes. Pour le maire le lien entre ces deux cas de figure ne fait aucun doute. « 75 demandeurs d’asile ont été hébergés en début d’année dans un hôtel de la ville par la préfecture du Val d’Oise sans que le maire en soit tenu informé » indique la mairie. Mais en juillet dernier, l’Etat a cessé de prendre en charge les frais d’hébergement, « les forçant de fait à quitter l’hôtel sans leur proposer d’autres solutions et conduisant ainsi à la situation actuelle » estime le maire PS qui précise cependant que « tous sont en situation régulière car en demande d’asile politique pour la plupart »

Alors que le bailleur OPIEVOY, propriétaire du bâtiment, a déposé au tribunal d’instance de Gonesse un référé pour une expulsion afin de poursuivre les travaux de démolition, la mairie refuse d’attendre l’audience, prévue le 13 septembre, « pour régler une situation humanitaire qui doit se régler administrativement par l’Etat. »

Aujourd’hui, la ville de Gonesse demande « qu’une gestion humaine de ce dossier soit réalisée dans les plus brefs délais par les services de l’Etat. » « Conformément à ses missions, la préfecture doit trouver une solution durable d’hébergement pour l’ensemble de ces personnes qui serait de nature à les convaincre de quitter les lieux dans les meilleurs délais » appuie le socialiste Jean-Pierre Blazy qui a écrit au ministre de l’Immigration « afin d’obtenir des explications sur la gestion en Ile-de-France des demandeurs d’asile car aujourd’hui l’Etat est inefficace. »