Récemment épinglée par la Halde, la ville d’Herblay pourrait être contrainte à créer 80 aires d’accueil pour répondre aux exigences de la loi Besson. Dans le schéma  départemental d’accueil des gens du voyage (2004),  la préfecture exonère la commune de l’obligation de créer ces espaces réservés, Herblay justifiant d’un nombre déjà important de gens du voyage. Aussi un arrêté lui permet l’interdiction des stationnements de caravanes dans des lieux inappropriés. Ce schéma, jugé « illégal » par la Halde, pourrait cependant stopper un projet de sédentarisation engagé par la mairie, et priver plusieurs familles de logements flambants neufs. Patrick Barbe le maire de la ville, se dit « scandalisé » et parle même de « gâchis ».

 Historiquement implantées à Herblay depuis le Moyen Age et l’apparition de la Foire Saint Martin, on estime à 500 le nombre de familles issues de la communauté des gens du voyage sédentarisées à Herblay. Pour régulariser le stationnement de caravanes installées illégalement sur des terrains herblaysiens, le maire UMP, Patrick Barbe, a décidé de créer 26 pavillons dans plusieurs sites, propriété de la ville. Des maisons étudiées pour se « conformer aux exigences des gens du voyage » explique Patrick Barbe, « avec un sol surélevé » à hauteur de caravane. Déjà 8 pavillons de ce type ont été construits en 2008… Cependant les 18 autres ne sortiront peut être jamais de terre.

« Si toutes les villes du Val d’Oise faisaient comme nous, il n’y aurait pas de problème d’accueil des gens du voyage »

De quoi mettre en colère l’élu qui se voit contraint d’ « abandonner » sa politique de sédentarisation: « je ne peux pas payer une politique d’intégration et une politique d’aire de passage ». Selon lui, il existe un « vide juridique » dans la loi Besson, qui ne s’occupe que des itinérants et non des sédentaires. « La Halde n’a pas bien saisi », estime l’élu qui affirme avoir à ce jour « 150 demandes » de sédentarisation. Et de conclure, « si toutes les villes du Val d’Oise faisaient comme nous, il n’y aurait pas de problème d’accueil des gens du voyage. »

Une non prise en compte de l’habitat familial de la loi Besson, confirmée par l’association départementale voyageurs-gadjé (ADVOG), qui avait à l’époque approuvé le cas particulier d’Herblay. « Sur le principe c’est dommage, tout est foutu en l’air »,  s’exprime impuissant le directeur de l’ADVOG,  qui regrette que cette délibération de la Halde remette en cause le projet de sédentarisation. Mais Michel Hulot rappelle néanmoins que la mairie « pourrait tout de même financer les deux politiques ». Début décembre, préfecture, mairie et associations devraient se réunir pour une consultation sur un nouveau schéma valdoisien d’accueil des gens du voyage. Selon les derniers chiffres, il manquerait en Val d’Oise, 380 places pour l’accueil des gens du voyage itinérants.