François Balageas, maire d’Eaubonne et Président du Conseil de Surveillance de l’Hôpital Simone Veil d’Eaubonne-Montmorency, et François Detton, maire de Montmorency et Vice-Président du même Conseil, affirment leur « franche opposition » au projet dévoilé par Claude Evin, le directeur de l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France. Ce dernier  souhaite réduire à un seul hôpital par département les services d’urgences chirurgicales et d’imagerie. « Sa proposition viserait à faire en sorte qu’un seul bloc reste ouvert dans chaque département entre 18h30 et 8h, les jours fériés et le week-end. C’est dans cet établissement unique que seraient transférés les patients en urgence chirurgicale, hors maternité et cardiologie, expliquent les élus. Cette proposition porte atteinte à l’égal accès de tous les franciliens à l’offre de soins, et pourrait mettre en danger les patients ».

Pour le million d’habitants du Val d’Oise, cela reviendrait à ne pouvoir accéder qu’aux services de l’Hôpital de Pontoise, situé dans l’ouest du département.

« C’est une preuve supplémentaire du démantèlement de l’offre publique de soins et de leur permanence sur les territoires », affirment les deux maires. « En s’enferrant dans une logique purement comptable, l’Etat accélère son désengagement en matière de santé publique et ne fait que renforcer le sentiment d’une santé à deux vitesses ».

Ils s’indignent d’une solution présentée comme devant répondre à une rationalisation des effectifs et qui pourrait en réalité mettre les patients en danger. « Le véritable enjeu serait une gestion plus affinée des plannings, afin que l’organisation des services de nuit ne pénalise pas celle des services de jour. Mais avec ce projet, on ne déshabille même pas Pierre pour habiller Paul, on organise une véritable pénurie des soins ! ».

Un projet jugé également inéquitable en ce qu’il ne concerne pour le moment que les départements franciliens, mais pas la capitale elle-même. « Comment peut-on obliger un habitant du Val d’Oise ou de l’Essonne, quelque soit son lieu d’habitation à ne pouvoir compter que sur un seul bloc ouvert la nuit dans son département, alors que les parisiens ne seront pas logés à la même enseigne ? », s’interrogent les deux maires.