On pourrait appeler cela une "triple peine". Une semaine après l’incendie de leur camp, des Roms de Méry-sur-Oise ont reçu, ce mercredi matin, un avis d’expulsion sous 48 heures accompagné d’une obligation de quitter le territoire français avant un mois.

 Il y a une semaine, le campement de quatre familles Roms, basées à Méry-sur-Oise depuis sept ans, partait en fumée pour des raisons encore indéterminées. "Depuis, ils ont reconstruit aux trois quart leurs baraquements" indique Jean-Pierre Dacheux, docteur en philosophie et animateur du collectif de défense des Roms de Roumanie. Ce mercredi matin nouveau coup de massue: à 10 heures, ils reçoivent la visite de la police qui leur délivre un avis d’expulsion. Dans 48 heures, ils doivent quitter les lieux. Cet avis est accompagné d’une obligation de quitter le territoire français.

Des familles "intégrées"

Du côté de la Ligue des Droits de l’Homme et de Jean-Pierre Dacheux, on ne comprend pas cette décision. "La justice avait récemment donné raison aux Roms" poursuit ce dernier. En effet, le tribunal de Pontoise a rejeté un référé de la Direction Interrégionale des Routes d’Ile de France (Dirif), réclamant le départ de la vingtaine de Roms, installée depuis 18 mois sur ce terrain près d’une voie rapide. "Le terrain était donc toléré!" s’exclame Jean-Claude Vitran, président de la LDH 95. "D’autant plus que la plupart travaille, le chef de famille est très actif, les enfants sont scolarisés, même ceux en maternelle alors que ce n’est pas obligatoire" ajoute Jean-Pierre Dacheux, qui pense avant tout au nouveau choc pour les familles. "Une semaine après avoir quasiment tout perdu dans un incendie, les voilà expulsés de la ville où ils habitent depuis sept ans et même renvoyés en Roumanie!" s’indigne l’auteur du livre "Roms de France, Roms en France" paru aux éditions le passager clandestin.