Depuis la rentrée, 29 enfants de familles réfugiées, majoritairement russophones, sont en attente d’être scolarisés. Ce jeudi, une solution a été mise en place pour une quinzaine d’entre eux. L’inspection académique a ouvert une classe spécifique à plusieurs niveaux. Une solution qui ne convient pas à la FCPE, association de parents d’élèves, qui estime que la maire UMP de Saint-Gratien ne respecte pas la loi et « prend des enfants en otage ». L’élue s’en défend. « Saint-Gratien ne peut pas absorber toutes ces nouvelles scolarisations » explique-t-elle.

C’est avec quinze jours de retard que les 15 enfants, sur les 29 habitants un foyer de Saint-Gratien, effectuent leur rentrée scolaire. Une période de blocage dénoncée par la FCPE mais justifiée par la maire UMP de la commune. Arrivés le 13 août dans la ville, environ 70 réfugiés politiques se sont installés dans la Résidence IDFI. « Au 1er septembre, je n’avais toujours pas la liste des enfants à scolariser » précise l’élue. Jacqueline Eustache-Brinio qui voit dans ce problème de scolarisation « une problématique plus générale de demandeurs d’asile », indique que sa ville « ne peut pas absorber toutes ces nouvelles scolarisations. »

« On ne prive pas les enfants d’école ! »

« Les écoles du centre sont pleines, ajoute-t-elle. Il ne reste des places que dans deux écoles, situées en Zone d’Education Prioritaire et il n’est pas question d’augmenter le nombre d’élèves. » Une attitude condamnée par la FCPE. « La maire de Saint-Gratien est hors la loi » affirme Alain Clémenceau, administrateur Départemental FCPE   RESF (Réseau Education Sans Frontière)  avançant la loi sur l’obligation scolaire. « On ne prive pas les enfants d’école ! » s’insurge-t-il.

Une solution provisoire a été trouvée par l’inspection académique concernant les enfants scolarisés en primaire. Elle a créé un poste pour ouvrir une classe spécifique à l’école Jean Zay pour 15 d’entre eux, le temps de connaître leur niveau exact pour les scolariser normalement. Une « discrimination » pour la FCPE, qui parle même d’une « classe unique faisant penser à un ghetto. » « Les enfants étaient déjà scolarisés pour certains depuis trois ou quatre ans et n’ont rencontré aucun problème dans leurs établissements précédents. Là on les regroupe ensemble pour les tester. On casse leur scolarité » dénonce Alain Clémenceau.

 
Pour les plus grands, ils sont orientés vers un collège d’Argenteuil dans un classe pour élèves non francophones. En revanche, Jacqueline Eustache-Brinio refuse de scolariser les 9 enfants en maternelle. « On gère d’abord l’urgence » se justifie-t-elle.