Le « 17 d’Or », c’est la formule ludique choisie par l’équipe départementale 95 d’Unité SGP Police pour dénoncer l’état de délabrement de certains commissariats du Val d’Oise. Cette visite guidée croustillante met en avant notamment les établissements de Taverny, dans la catégorie « gruyère géant » pour ses trous dans le plancher, Gonesse, dans la catégorie « pue la merde » pour ses problèmes de canalisation,…  Argenteuil, Sarcelles, Villiers-le-Bel, Deuil-la-Barre, Goussainville ne sont pas en reste.

 « Il faut que cela change ». C’est en substance le message délivré par le syndicat Unité SGP Police à travers cette remise de prix symbolique aux commissariats du Val d’Oise. « Ce reportage accompagné de photos n’a pas pour but de mettre à mal les fonctionnaires des commissariats cités, tous grades compris, explique le syndicat. Les problèmes dénoncés dépendent de décisions non prises à un niveau supérieur. » Le décernement des « 17 d’Or » veut surtout interpeller les pouvoirs publics. « Ce livret d’information est diffusé au plan national sur notre site Internet, ajoute l’équipe départementale Unité SGP Police. La Direction, chaque maire des communes visées et chaque commissariat du Val d’Oise sont destinataires d’exemplaires en format papier. »

A travers cette brochure satirique, les syndicalistes nous entraînent dans les coulisses de la police sur leur secteur « pour éclairer sous les projecteurs les dysfonctionnements cachés dans l’ombre. » Exemples à l’appui, ils montrent ce que le public ne saurait voir. Voici une sélection des réflexions du syndicat.

Commissariat de Taverny dans la catégorie « gruyère géant » : « Pas pratique, vieux, usé, ce commissariat souffre d’un manque de soin particulièrement flagrant. L’accès aux vestiaires se fait par un unique escalier étroit, qui mène aux casiers dans une cave sombre, humide, non entretenue. A l’étage, c’est encore pire, le plancher est traversé par des trous de bonne taille. Les fonctionnaires du commissariat doivent bricoler avec des planches de métal pour éviter que quelqu’un se prenne les pieds dedans ! »

Commissariat de Deuil-la-Barre (photo) dans la catégorie « hors compétition » : « Huit ans que le commissariat est en travaux, huit ans que rien ne change. Le commissariat de Deuil-La-Barre est constitué d’un pavillon étroit, façon cage à poules, si petit qu’il a fallu rajouter des Algeco dans la cour. Tout est à revoir ! A lui  seul, ce CSP mérite plusieurs «17 d’or» ; il est inclassable, et donc hors compétition ! »

Photos à l’appui, le syndicat montre les toilettes pour les gardés à vue situées à l’extérieur de l’établissement, l’école primaire tout juste séparée d’un grillage, et la grille d’accès qui ne ferme pas…

Commissariat de Sarcelles dans la catégorie « même les rats n’en veulent plus » : « La saleté est incrustée partout, les bureaux des fonctionnaires n’ont rien à envier aux cellules de garde à vue ; la protection des animaux n’y placerait pas des chiens errants ! »


Commissariat de Gonesse dans la catégorie « pue la merde » : « Une inspection d’hygiène ne repartirait pas les mains vides. A ce stade, il est honteux de demander à des personnes de travailler quotidiennement dans un bourbier pareil. Le trophée «17 d’or» est décroché haut la main par le local de gardes à vue : les mis en cause et un fonctionnaire de garde subissent constamment une odeur persistante d’excréments, puissante au point de donner des haut-le-coeur. Les canalisations sont cassées. »

Commissariats d’Argenteuil et Goussainville dans la catégorie « idées lumineuse » :

« A Goussainville, une épreuve digne de Fort Boyard vous attend à la sortie : une distance de cinq mètres entre le bouton de sortie et le portail, mais il faut maintenir le bouton pour ouvrir le portail. Mieux vaut en rire qu’en pleurer ! «Parfois le bouton reste bloqué, sinon il faut être à deux pour sortir», nous confie un collègue. Les victimes sont-elles priées de venir en groupe ? »

« A Argenteuil, les économies ont été faites sur l’achat des interrupteurs qui commandent les néons. Donc, un interrupteur commande tout un étage. Pour allumer la lumière d’un bureau, c’est tout un étage qui consomme du courant. Où sont les économies ? On dit toujours qu’il n’y a pas d’argent, or, là, il est gaspillé inutilement ! »

Pour retrouver le livret avec les photos d’illustration : http://www.sgp-fo.com/media/upload/document/9950ba63-Un%20tour%20dans%20le%2095_USP%20tract%20A4.pdf